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que nous n’avons point encore saisi; c’est cette grandeur majestueuse,cet air imposant qui caractérise principalement l’architecture antique.
«Quelle peut être la cause qui nous entraîne vers le mesquin si nousvoulons être délicats, et vers le lourd si nous aspirons au grand?pourquoi tous nos bâtiments se ressemblent-ils? pourquoi construireet décorer de la même maniéré la maison d’un simple particulier etl’hôtel d’un grand seigneur? les édifices publics, destinés à Futilité ouaux amusements^ doivent-ils ressembler aux monuments consacrés auculte de la Divinité? ceux-ci ne doivent-ils pas s’annoncer par un stylepur, noble, et pour ainsi dire religieux; par un style qui les distingueabsolument de tous les autres, qui nous avertisse au premier coup-d’œil et de la grandeur de FEtre suprême en élevant notre penséejusqu’à lui, et de notre néant en nous faisant en quelque sorte sentirsa présence? Manquerions-nous de ce sentiment vif et juste qui donne àtous les objets le caractère qui leur est propre? non; je ne saurais mepersuader qu’une nation, qui dans ses tragédies fait parler avec tantde dignité et de grandeur les Horaces, les Brutus, les Augustes, soitincapable d’imprimer cette même grandeur à ses autres productions.
« Pour arriver à ce point de perfection il nous reste donc encore àfaire sur l’antique de nouvelles observations non moins intéressantes
que celles qui nous ont occupés jusqu’à présent. Si nos édifices n’ont
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point cette majesté et cette sage convenance qui caractérisent les mo-numents des anciens, n’est-ce point parcequ’en copiant exactement lesformes de leurs masses et les proportions de leurs détails, nous n’étu-dions pas assez l’esprit dans lequel ces monuments étaient composés,et nous ne recherchons pas ce qui a pu leur imprimer ce caractèreimposant qui nous étonne encore aujourd’hui dans leurs vestiges?
« Apprenons donc des anciens les réglés auxquelles nous devonssoumettre nos opérations; apprenons d’eux aussi à soumettre les réglésmêmes au génie: effaçons cette empreinte de servitude et d’imitationfroide qui dépare nos productions; qu’elles respirent plutôt uneliberté féconde. Mais ne hasardons de licences que lorsqu’une con-naissance approfondie et parfaite des principes du beau pourra nous
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