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Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
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guider sûrement dans la route périlleuse du sublime; appliquonsdésormais tous nos soins à reproduire les beautés qui nous frappentdans T architecture antique, sans les copier servilement; sachons aussidémêler celles qui sont enfouies et comme perdues dans les ouvragesmédiocres, en évitant les défauts qui s’y rencontrent; craignons sur-tout de nous laisser séduire par des écarts qui paraissent hardis, quoi-qu’ils ne soient que bizarres; et n’imitons pas ces architectes peujudicieux qu’un mauvais discernement a guidés dans leurs études àRome : un faux goût leur a fait préférer en tout les productions desbas siècles et celles des architectes modernes aux restes majestueuxde la belle architecture antique.

« Je n’examinerai point si dans notre climat, sujet aux pluies et à lagelée, on doit approuver et admettre F usage fréquent des colonnes :mais, puisque ce goût a prévalu en France , ne serait-il pas important,pour réunir dans ce genre de décoration la solidité et l’agrément, dene les séparer que par de petits espaces? Il est vrai que dans le palaisde Dioclétien à Spalatro en Dalmatie , et dans d’autres édifices con-struits à Rome dans les siècles les moins éclairés, on a mis entre lescolonnes des espaces considérables; mais quelques mauvais exemplesdevraient-ils jamais servir de réglé? On sait que les colonnes antiquesemployées à la décoration du palais de Dioclétien étaient d’une ma-tière précieuse et rare, et que l’architecte ne prit le parti de les écarterainsi que parcequ’elles étaient en trop petit nombre.

« Ce défaut de proportion a été malheureusement trop imité de nosjours; la facilité que nous a donnée l’art du trait de faire de grandesplates-bandes nous y avait entraînés, et nous avait fait trouver ungenre de beauté dans ce défaut; nous nous flattions même d’avoirsurpassé les anciens dans cette partie, et nous regardions alors commetimidité leur sagesse et leur goût juste dans^ le rapprochement descolonnes. Mais supposons que la nécessité les ait contraints d’en userainsi, ne sommes-nous pas frappés de l’heureux effet qui en est ré-sulté? On peut aisément s’en convaincre en considérant les six colonnesdu frontispice de l’amphithéâtre des écoles de chirurgie de Paris ; elles