HISTOIRE DE NISMES.
H
j
1 1 -
d’Agrippa : l’abrégé de ces mots, qui se rapportent à l’empereur, se lit surcette face, imperatori divi filio patri patriae, et exprime qu’elle était dédiéeà Vempereur, fils adoptif du divin Jules César , pere de la patrie . Pouvait-onoffrir à Auguste un hommage plus flatteur que celui qui renfermait tantde grands souvenirs dans un si petit espace, et qui assurait à la fois deles transmettre à la postérité 1 ?
La fondation de cette colonie illustra, augmenta, embellit Nismes et laprovince qui en dépendait: les triumvirs, qu’il était d’usage d’envoyer dansces sortes d’occasions, fixèrent le nombre des sénateurs, fondèrent les diversétablissements qui formaient de chaque colonie un abrégé de Rome et deson gouvernement, et faisaient, par une sage politique, retrouver leur patrieaux Romains qui s’en éloignaient pour peupler d’autres pays, en memetemps que le gouvernement conservait toute sa force, malgré son extension,par l’unité des lois, des usages, et même de la religion, qui bientôt étaientadoptés par les peuples devenus les tributaires et les alliés du peupleromain.
Les inscriptions antiques qui se sont trouvées sur le territoire de Nismesfournissent à la fois des preuves et une connaissance assurée de ces diversétablissements; cet abrégé ne nous permet de citer ici que les principaux:
i° Celui des duumvirs , dont les fonctions répondaient à celles des con-suls de Rome; on les trouve ainsi désignés sur les anciens monuments
II. VIR.
2 ° Celui des décurions, nommés pour rendre la justice, et représenterau nombre de dix le sénat de Rome ; leurs jugements portaient le titre dedécret, et s’intitulaient par ces deux initiales d. d.
3° Celui des sextumvirs, des quartumvirs, également désignés par cescaractères iiiiii. vir. jvridicvnd. et nu. vir.
Une inscription curieuse de Nismes, rapportée par Menars dans sonhistoire de cette ville, nomme lun de ces officiers pvsoxivs peregrinvs , quiétait en cette ville qvartvmvir et vndecemvir tout ensemble, mi. vir. et xi. vir. ,et qui en cette derniere qualité y assigna entre deux tours une place pourbâtir, que les décurions avaient accordée a un soldat nomme Julius Festus ,
(i) Il existe des médailles avec les têtes d’Auguste et d’Agrippa au revers du crocodile, frappées sur ungigot de chevreuil ou de biche, en cuivre; on lesjetait dans la fontaine consacrée à Diane, déesse de
la chasse. Caylus en a rapporté plusieurs dans sonrecueil ; Mongez en parle aussi dans l’Encyclopédieméthodique, article Médailles bizarres ; il doit en exis-ter à la bibliothèque nationale. (Note deM. Visconti.)
é