Band 
Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
Seite
17
JPEG-Download
 

HISTOIRE DE NISMES. 17

ensuite de Béziers, d’Agde , de Maguelone, de Nismes, et de presque toutce pays, qui en moins d’un an se trouva sous leur domination. Cependantils ne le gardèrent qu’une année, en furent dépossédés, et le reprirent denouveau en 72^: mais Charles-Martel les défit dans une bataille rangée, en732; il les obligea presque tous de retourner en Espagne , et d’abandonnerla France, qu’ils ravagèrent, en la quittant à regret. La présence de Charles-Martel , leur vainqueur, ne fut pas moins funeste que la leur aux villesqu’il reconquit sur eux; car, pour leur ôter l’espoir d’y revenir, il les ravageaavec fureur, fit raser les murs et brûler les faubourgs de Béziers et d’Àgde ,détruisit entièrement Maguelone, principale place d’armes des Sarrasins:Nismes ne fut pas épargnée; mais il y fit moins de ravage, en fit seulementbrûler les portes et abattre une partie des murs, mit le feu à l’amphithéâtre,qui servait encore alors de forteresse, afin d’ôter cette ressource doréna-vant, soit aux Sarrasins, soit aux habitants: la solidité de cet édifice résistacependant aux flammes, et empêcha qu’il ne vînt dans l’idée de le démolir.

Ce qui restait des Sarrasins fut entièrement chassé par les habitantsde Nismes, de Magdelane, de Béziers, et d’Agde , en 7Û2. A l’avènement dePepin -le-Bref à la couronne ils formèrent de cette contrée une espece derépublique, et élurent un seigneur goth, nommé Ansemond, pour leurgouverneur: celui-ci offrit à Pépin de lui remettre cette place; les autresgouverneurs des places voisines imitèrent son exemple: quelques troublessurvenus à Nismes n’empêcherent pas cette ville de rester sous la domi-nation de Pépin, qui en donna alors le gouvernement au comte Rodolphe,avec celui de la ville d’Uzès; et ce fut le premier des comtes français quigouvernèrent Nismes sous l’autorité de nos rois. Narbonne fut aussi livréeà Pépin en 759, et tout ce qui s’y trouva de Sarrasins fut égorgé: il netarda pas à y joindre les villes du Languedoc, de l’Albigeois, du Rouergue ,et du Gévaudan , qui se soumirent volontairement.

Vainement les Sarrasins tentèrent de rentrer dans Je pays sous le régnéde Charlemagne; ils le trouvèrent si bien défendu, qu’ils ne purent qu’yfaire quelques descentes, et jeter l’alarme sur les cotes.

Nismes était déjà rétablie en partie, ses principales fortifications et quel-ques uns de ses édifices relevés, lorsque les envoyés ou commissaires deCharlemagne, appelés missi dominici , y voyagèrent en 798. Théodulphe , l’und’eux, qui a écrit son voyage de la Gaule narbonnaise , dit quau sortir

5