Band 
Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
Seite
18
JPEG-Download
 

i8

HISTOIRE DE NISMES.

d’Avignon ils s avancèrent vers les forteresses de Nismes, et que cette ville avaitencore besoin de quelques réparations ; ce qui prouve qu’elle en avait déjàfait la plus grande partie.

Les Normands la ravagèrent encore sous Charles-le-Chauve , en 858 ; lesHongrois la pillèrent en 924; les Juifs y établirent une synagogue en 1009.Les conciles et les diverses fondations religieuses, dont on pourrait faire icimention, et qui sont très détaillés dans Menars , ne sont pas de mon objet:je me bornerai à tout ce qui peut avoir trait aux antiquités; et je passe àl’origine des chevaliers des arenes, vers l’an 1100.

On a vu que depuis l’établissement des Yisigoths en ces contrées l’am-phithéâtre de Nismes servait de forteresse à la ville : ce vaste bâtiment étaitdevenu un bourg peuplé d’habitants distingués, que la profession des armesavait engagés à y fixer leur demeure; ils se réunirent donc en espece decommunauté ou corps de chevaliers du château des arenes, milites castriarenarum , qui formaient la principale noblesse de la ville; la garde duchâteau, construit par les Yisigoths dans l’amphithéâtre leur était exclusi-vement confiée; ils s’engagèrent meme par serment à le défendre lors dudépart de Bernard Aton IY, vicomte de Nismes, en qualité de croisé pourla Terre - Sainte : ils renouvelèrent depuis ce serment à d’autres vicomtes,ou se réunirent aux habitants de la cité par une confédération connueen 1226.

En ii5i l’ordre militaire des templiers fut établi à S.-Gilles de Nismes.On sait que cet ordre fut fondé, vers l’an 1118, à Jérusalem , dans une maisonprès du temple de Salomon; ce qui leur fit donner le nom de templiersou freres de la chevalerie du Temple: ils furent institués pour défendre lespèlerins contre les infidèles, et tenir les chemins libres pour les chrétiensqui faisaient le voyage de la Terre-Sainte, comme les chevaliers de Rhodes ,depuis chevaliers de Malte, pour purger la Méditerranée des corsaires etdes pirates barbaresques ; et dans le temps des croisades ces chevaliers duTemple se répandirent promptement dans tous les états de la chrétienté,et particulièrement en France , où ils eurent des établissements et des biensconsidérables.

Les papes et les évêques gouvernaient alors les états bien plus que lesprinces et les rois. Il ne faut pas croire pour cela que le calme y régnâtconstamment avec eux : le pape Alexandre III se trouva donc obligé de