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HISTOIRE DE NISMES.
peu auparavant. Il fit donc à la ville de Nismes cette nouvelle concessionremarquable, et d’une si judicieuse application, dans ses lettres du moisde juin i535, données à Couci; distinction flatteuse, et digne à la fois desdescendants de l’ancienne colonie romaine, et d’un prince que la valeuret l'amour des arts, des lettres, et des sciences, pouvaient sans flatteriefaire comparer à Auguste , fondateur de cette colonie.
François I er fit encore un voyage à Nismes, en i53y, en allant à Mont-pellier , où il fit quelque séjour,* et deux ans après il établit une universitéet un college des arts dans cette même ville de Nismes, qu’il affectionnaitsur tout à cause des précieux monuments de l’antiquité. Cette université pritdans la suite un accroissement considérable; et le roi demanda lui-mêmeau pape Paul III , en 1542 , la confirmation de ces établissements consacrésà l’instruction et à l’étude des lettres; confirmation que la reine de Navarre,sa sœur, qui affectionnait également les belles-lettres et l’instruction engénéral, avait demandée aussi peu auparavant; on joignit même le revenud’un bénéfice à ces marques de considération.
On sait que le protecteur de ces mêmes lettres, de la science, et du génie,
le pere des artistes, et l’ami de Léonard de Vinci, François I er , mourut le
3i mars i 547 ? laissant après lui un nom qui ne périra point tant que les
hommes entretiendront le feu sacré des arts, et que les statues justement
érigées aux princes qui les ont fait fleurir ne seront point abattues par
l’ignorance et la barbarie.
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Henri II , son fils, qui lui succéda, et qui avait passé à Nismes étantdauphin, cinq ans auparavant, confirma tous les privilèges et toutes lesfranchises que cette ville avait obtenus des rois ses prédécesseurs. Elle putdonc à ce moyen réparer ses pertes, et recevoir de l’accroissement: on yfavorisa l’industrie, et les manufacturiers qui proposèrent de s’y fixer yfurent accueillis et encouragés. Il est fâcheux que les querelles et même lesguerres de religion aient souvent contrarié ces dispositions des habitantsà étendre leurs facultés par le commerce et par un travail actif, et que lesmaladies contagieuses aient aussi fréquemment arrêté les progrès de lapopulation, qui suit l’aisance et la culture dun sol fertile.
Ce fut en i56i que la ville fut divisée en dix quartiers, et que l’on nommades surveillants pour chacun d’eux. Voici quelles étaient ces divisions etleur extension: