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HISTOIRE DE NISMES.
Poldo d’Albenas, son fils, étudia en droit, et fut reçu avocat au parlementde Toulouse ; revint à Nismes, et s’y livra à l’étude de la jurisprudence, etplus particulièrement encore à celle des lettres.
Entre autres ouvrages qu’il publia nous ne ferons mention que de celuiqui nous a transmis ses recherches sur la ville et les antiquités de Nismes,et qui a pour titre, Discours historial de ïantique et illustre cité de Nismes ,imprimé à Lyon en 1 55j, et enrichi de planches gravées en bois, qui repré-sentent les principales antiquités de Nismes et leurs détails. On ne peutpas dire que ce soit avec une exactitude scrupuleuse, puisque ce sont cesplanches qui ont égaré Palladio dans les dessins souvent infidèles desmonuments de Nismes, dont il a grossi son livre des antiquités romaines,dessins qu’il a puisés dans l’ouvrage de Poldo d’Albenas, et qui, s’ils étaientpassables et suffisants pour un simple amateur d’antiquités, ne sont pasassez corrects pour un architecte de profession : si l’on croit pouvoir sursa foi reproduire avec fidélité des formes antiques, cette confiance induiten erreur ceux qui s’en rapportent à un auteur aussi célébré, sans vérifiersur les monuments memes ce qu’ils transmettent souvent encore à d’autresavec les mêmes erreurs. ,
Au reste l’ouvrage de Poldo d’Alhenas prouve qu’il n’était pas dépourvude connaissances, et qu’il avait un grand zele pour la conservation et l’illus*tration des monuments de son pays; mais son style se ressent naturellementde la barbarie où se trouvait alors le langage, et dont il ne s’affranchitque long-temps après.
On répara de temps à autres, et suivant le besoin de se mettre endéfense, les murailles de la ville. Les querelles religieuses et les maladiescontinuèrent leurs ravages.
Charles IX fit, en 1 564, une entrée magnifique en cette ville. Aprèsavoir visité l’aqueduc du Gard il se rendit à Nismes, accompagné de lareine mere, du duc d’Anjou son frere, de Henri, prince de Navarre, descardinaux de Bourbon et de Guise , du duc de Longueville, du connétablede Montmorenci, du chancelier de l’Hôpital, de Damville, gouverneur duLanguedoc , et d’autres grands seigneurs.
On avait un peu en avant de la ville figuré une montagne percée àjour: lorsque le roi voulut passer, la breche se ferma, et deux filles d’unegrande beauté lui présentèrent les clefs en lui faisant une harangue; la