HISTOIRE DE NISMES. 3 i
montagne s’ouvrit alors pour laisser passer le cortege : à peine entré ilapperçut un énorme crocodile, que six hommes faisaient mouvoir, et quijetait des flammes par la gueule et les narines, pour faire allusion aux armesde la ville.
La colonne de la Salamandre était également garnie d’artifice, et desfontaines jaillissantes répandaient alternativement de l’eau et du vin.
Ce fut l’année suivante que l’on introduisit à Nismes l’usage de fixer lecommencement de l’année au i er de janvier, en conformité de l’édit queCharles IX venait de donner à Roussillon en Dauphiné, au mois d’aoûtprécédent, portant que l’année commencerait dorénavant et serait comptéedu i er janvier. Cette coutume ne fut néanmoins pas adoptée en meme tempsdans tout le royaume, et en quelques endroits on s’y assujettit plus tard.
Charles IX accorda cette même année aux religionnaires de Nismes deuxemplacements dans la ville pour y hâtir des temples, afin d’y exercer libre-ment leur culte : l’un de ces temples dans la rue qui conduit de la portede la Magdeleine à la Maison carrée; l’autre, rue de la Calade.
Le premier fut fondé le 7 juin 1565, et achevé dès le commencementde l’année suivante.
On ne négligea pas non plus l’entretien du college des Arts. Cependantla guerre continuait toujours entre les catholiques et les religionnaires : cesderniers formèrent, en 1567, le siégé du château royal de Nismes, qui serendit le 14 de novembre, après six semaines d’attaque.
Ce succès les enhardit, et ils poussèrent leur vengeance jusqu’à démolirla cathédrale, l’évêché, les maisons du chapitre, les monastères, et les autreséglises de Nismes, afin d’éteindre s’il était possible le culte extérieur de lacatholicité: ils voulaient également abattre le grand clocher, édifice dela fin du onzième siecle, d’une masse énorme, et avaient commencé à leminer par le pied; mais la crainte de causer par sa chute la ruine d’unquartier de la ville où ils avaient des possessions leur fit abandonner cettedestruction, dont on voit encore les marques au pied de la tour qui sub-siste, ainsi que le portail de l’église attenant dont le corps fut démoli.
Les églises de la campagne ne furent pas plus respectées que celles
de la ville. On s’appliqua aussi à fortifier la ville et à la mettre en état
de défense, et les matériaux des démolitions des couvents et des églises
furent employés en partie à ces travaux; on força même les catholiques à
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