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Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
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HISTOIRE DE NISMES.

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car il est trop pénible d’être obligé de croire à de telles atrocités. Cettepiece historique est trop curieuse pour ne pas la rapporter en entier; lavoici 1 : 'j

Teneur de ladicte lettre cachettée et crjée. • ;

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« M. de Joyeuse, vous avez entendu ce que vous escripvis avant-hier dela blessure de l’admirai, et que j’estois après à faire tout ce qui m’estoitpossible pour la vérification du fait et chastiment des coulpables, à quoi ilne s’est rien oublié. Depuis il est advenu que ceulx de la maison de Guise ,et les aultres seigneurs et gentilshommes qui leur adhèrent, et n’ont paspetite part en cette ville, comme chacun sçait, ayant sçeu certainementque les amis dudict admirai vouloient poursuivre sur eulx la vengeance deceste blessure pour les soupçonner, à ceste cause et occasion se sont si fortesmeus cette nuict passée, qu’entre les uns et les aultres a esté passée unegrande et lamentable sédition, ayant esté forcé le corps de garde, qui avoitesté ordonné à l’entour de la maison dudict admirai, luy tué avec quelquesgentilshommes; comme il a esté aussi massacré d’aultres en plusieurs en-droits de la ville. Ce qui a esté mené avec une telle furie, qu’il n’a estépossible y mettre le remede tel qu’on eust pu desirer, ayant eu assés à faireà employer mes gardes et aultres forces, pour me tenir le plus fort en*cechasteau du Louvre, pour après faire donner ordre par-toute la ville àl’appaisement de la sédition, qui est à ceste heure amortie, grâces à Dieu :estant advenuë par la querelle particulière qui est, de long-temps y a, entreces deux maisons; de laquelle ayant toujours préveu qu’il succederoit quel-que mauvais effect, j’avois fait ci-devant tout ce qui m’estoit possible pourl’appaiser, ainsi que chacun sait; n’y ayant en ceci rien de la rompure del’édict de pacification, lequel je veux estre entretenu autant que jamais. Etd’autant qu’il est grandement à craindre que telle execution ne soulevémes sujets les uns contre les aultres, et ne se fassent de grands massacrespar les villes de mon royaume, en quoi j aurois un merveilleux regret;je vous prie faire publier et entendre par tous les lieux et endroits de

(i) L’original a dû être conservé dans les archivesdu gouverneur de la province ; la copie en a été relevéedans celles de la ville de Nismes, où l’on peut laretrouver peut-être encore, si ces archives n’ont pointété détruites dans la révolution.

Elle est citée dans Ménard, Histoire de la ville deNismes, tome V, livre XVI, page 72, et rapportéeen entier dans les preuves de cette même histoire,à la fin du même volume, titre XVI, page 81, co-lonne 2.

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