Band 
Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
Seite
32
JPEG-Download
 

fournir l’argent et les voitures de transports nécessaires à la confection desouvrages.

Les catholiques usèrent de représailles dès qu’ils le purent, et mirent lefeu, en septembre i 56 g, au temple des religionnaires, qui fut néanmoinssecouru à temps.

Ce fut dans la même année que l’on répara une des anciennes tours dela ville, située entre la porte de la Couronne et celle des Carmes, dont laforme était octogone : on y plaça les armes de France , celles de la ville, ladate de l’année, et cette inscription latine, en deux lignes, qui a rapportau roi Charles IX et au peuple :

BENE SIT CAROLO NONOREGI, POPULO. Q. NEMAUSI.

Ce qui n empêcha pas peu après les religionnaires de surprendre la ville deNismes, de piller et saccager les maisons des catholiques, d’en massacrerun grand nombre, et de rétablir l’exercice de la religion réformée.

Ils firent aussi le siégé du château, qui se rendit le 3 o janvier i 5 yo,et en démolirent les deux tours qui faisaient face à la ville; en sorte qu’ilne pouvait plus être de défense aux catholiques s’ils parvenaient à le re-prendre.,

Au milieu des désastres de toutes ces guerres de religion on doit savoirgré aux habitants de Nismes de n’avoir point exécuté l’ordre du massacrede la Saint-Barthélemi. Le courier porteur de cet ordre cruel envoyé de lacour passa à Nismes le 29 août 1572; mais la sagesse des magistrats, Jeande Montcalm , juge-mage, et G. Fillar , avocat, premier consul de la ville,qu’il faut citer ici avec éloge, arrêta l’effusion du sang. On députa vers levicomte de Joyeuse, alors gouverneur, qui sur ces entrefaites reçut unelettre de Charles IX, datée de Paris du jour même de saint Barthélemi,dont on envoya copie aux consuls de toutes les villes de la province.

Le roi faisait dans cette lettre un récit abrégé de ce qui s’était passéà Paris dans cette affreuse journée, dont il rejetait la faute sur les Guiseset leurs partisans; après quoi il ordonnait à ses sujets de se maintenir enunion conformément à son édit de pacification.

Puisse cette lettre jeter au moins des doutes raisonnables sur l’existenced’un ordre aussi sanguinaire émané de la bouche ou de la main du roi;