HISTOIRE DE NISMES.
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janvier 1622, ils mirent le feu le soir à ces étaies \ et par ce moyen firent
écrouler en un instant tout l’édifice avec un fracas horrible.
Cette tour était très bien construite, percée à jour avec art, et bâtie degrandes pierres de barutel, dont la beauté approche de celle du marbre.
Ils ne s’en tinrent pas là, et abattirent en peu de temps tout ce qui restaitd’églises, de couvents et de maisons religieuses, ou appartenant à ces ordres,et en employèrent les matériaux aux fortifications de la ville; ce qui fournitles moyens de les accélérer considérablement. Ce n’est pas à Nismes qu’ilsbornèrent ces destructions, ils les étendirent à la plupart des églises etmaisons presbytérales du diocese.
Une ordonnance du duc de Rohan ne put arriver assez à temps pourempêcher la démolition de l’église ou chapelle de S.-Martin, contiguë aupalais de justice, et la seule peut-être qui restât des églises de la ville.
Les troubles causés par les religionnaires furent assez violents dans lemidi pour que Louis XIII fût obligé de s’y rendre à la tête d’une armée:ils résistèrent long temps dans Nismes. Les lettres de publication de la paixne furent données que le 18 d’octobre 1622, datées du camp de Montpel-lier ; et peu après on démolit ces mêmes fortifications érigées à si grandsfrais par la perte des plus grands édifices, dont les matériaux avaient servi
à leur construction.
Trois ans après on s’occupa de les rétablir : ce sont tantôt les religion-naires qui s’en font un rempart contre les catholiques, et tantôt ces derniersqui s’y défendent contre les attaques des protestants. Rohan et Montmo-renci, à la tète d’un parti différent, ravagent le pays par leurs hostilités.Louis XIII se propose de venir en personne soumettre les protestantsrebelles; il y vient en effet en mai 1629: il fait le siégé de Privas en Vivarais ,force la garnison, pille et brûle la ville. Rohan se retire à Alais ; le roi l’ypoursuit, et l’oblige à demander la paix, qui se négocie avec le cardinalde Richelieu : elle s’y conclut à condition que les fortifications de Nismesseront démolies; les habitants donnent des otages pour garants de leurpromesse, et le roi fait son entrée dans cette ville; on rend enfin un éditde pacification qui prend le nom de paix de Nismes.