Band 
Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
Seite
44
JPEG-Download
 
  

44

HISTOIRE DE NISMES.

remportée par le duc d’Enghien sur les Espagnols , fut d’un heureux augurepour ce nouveau régné; la prise de Thionville suivit bientôt.

Louis XIY confirma l’établissement des jésuites à Nismes en 1644? etdeux ans après fut entièrement achevée la réédification dê l’ancienne églisecathédrale de Nismes. La ville obtint aussi de ce prince la confirmationde ses privilèges ; il fit don aux freres prêcheurs des deux tours du châteauroyal, dont les protestants leur contestaient la libre jouissance.

La peste se déclara encore une fois à Nismes, et ce fut principalementdans l’enceinte de l’Amphithéâtre qu’elle manifesta ses plus grands ravages;aussi en interdit-on la communication avec le reste de la ville.

Quelques troubles précédèrent, comme on sait, pendant la minorité, lesacre du roi, qui eut lieu à Reims le 7 juin i 654 : cette cérémonie fut peuaprès suivie d’une victoire, et de la délivrance d’Arras . Les lettres recom-mencèrent à être cultivées à Nismes, et le college des Arts y devint bientôtflorissant. La paix des Pyrénées fut alors conclue par le cardinal Mazarin,qui passa à Nismes; le roi et la reine y passèrent également, et visitèrentle Pont du Gard , l’Amphithéâtre, et les autres antiquités.

L’église des capucins , commencée trois ans avant, fut entièrement achevéeen i 663 ; une nouvelle porte S.-Gilles fut ouverte à côté de la première,qui était fort encombrée de terre; et peu après le conseil d’état du roiordonna la démolition des temples protestants de cette ville et des environs :on fit aussi des embellissements aux avenues de la porte de la Couronne.

La paix générale entre la France et l’Espagne fut célébrée à Nismes en1668; et le 28 mai 1670 fut passé le contrat d’acquisition de la Maison carrée,pour en faire l’église et le couvent des augustins, au prix de 56 Ôo liv., ycompris deux autres petites maisons contiguës: mais comme on s’opposaau nom des domaines à leur prise de possession, ces religieux furent obligésd’obtenir un arrêt du conseil d’état, en date du 12 avril 1672, pour avoirla permission d’y bâtir leur église, et leur monastère attenant, suivant ledessin qui leur en fut donné, contre-signé Colbert , contrôleur-général desfinances, sans qu’il leur fût néanmoins permis de rien détruire ni altérerde la construction de cet ancien édifice 1 .

(1) On ne saurait croire à quel point Colbert étaitscrupuleux pour tout ce qui concernait l’érectiondes monuments et leur conservation; il se faisait

représenter jusqu’aux détails d’ornements, de cor-niches, etc., qui devaient entrer dans leur ensemble,et les arrêtait par sa signature.