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Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
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MONUMENTS DE NISMES.

4° Semblable conformité dans la troisième et derniere planche, où ilsdonnent l’un et l’autre les memes détails, et d’une telle ressemblance sur-tout pour les plafonds, qu’ils semblent calqués les uns sur les autres.

Il n’est aucun artiste qui en faisant eette comparaison les deux auteursà la main ne soit frappé de cette similitude ; et quelqu’un ayant faitune objection sur la date des éditions , parcequ’il croyait que celle dePalladio était antérieure à l’autre ; voici les nouvelles preuves apportéespour éclaicir tous les doutes.

Palladio, né en i5i 8, mort en i58o, était âgé de vingt-neuf ans lorsqu’ilfaisait à Rome ses études sur l’antique, en 1547 (vie de Palladio): il re-tourna à Vicence la meme année, où il bâtit peu après sa basilique.

Appelé à Rome pour succéder à San-Gallo dans la continuation de Saint-Pierre, le pape Paul III mourut; peu après il perdit aussi le Trissin,homme très savant, son compatriote et son protecteur: mais il profita dece quatrième voyage ( car il en avait déjà fait trois dans cette ville avec leTrissin ) pour faire de nouvelles études, et mesurer les monuments et lesthermes des anciens: il exécuta plusieurs projets; et ses antiquités romainesfurent publiées, dit-on, par deux éditions, l’une à Rome, et l’autre à Venise ,en i554.

Cependant la première édition complété de ses livres d’architecture ne futfaite de son vivant et à Venise qu’en i5yo; c’est celle que j’ai pour compareravec le livre de Poldo d’Albenas, imprimé à Lyon en i56o, dix ans aupa-ravant, et qui était même entièrement achevé en i55y, puisque le privilègeest de cette date. Il y a donc toute apparence que Palladio, en complétantses œuvres et les faisant imprimer sous ses yeux, y aura ajouté les monu-ments de Nismes, croyant pouvoir compter sur la fidélité d’un savant dupays qui les avait mis au jour avec tous leurs détails dix années auparavant:cette opinion me semble infiniment plus fondée que de croire que Poldod’Albenas ait puisé dans Palladio, dont les ouvrages étaient alors à peineau jour, les dessins de ces monuments, qu’il était à même de copier surnature , puisqu’il demeurait à Nismes. La maniéré de perspective dont il arendu l’ensemble et plusieurs détails prouve d’ailleurs évidemment qu’il afait ses dessins sur le lieu, et non sur les coupes en géométral de Palladio.Ce qu’il y a de certain c’est que tous les deux ont fait les mêmes fautes,que je vais indiquer, et que leur rectification contribuera, j’espere, à prouver