MONUMENTS DE NISMES.
129
de lieue en descendant la riviere et sur la gauche; les dimensions de cesblocs sont de 8 p ds de long, c’est-à-dire toute la face des piles, sur 2 p ds2 p° de largeur ou profondeur, et 1 p d 9 p° de hauteur de lit ou d’appareil;ils ont des bossages à leur parement, et une ciselure à leurs joints, afinde les découvrir et d’en faciliter la pose, et sont alternativement composésde carreaux et de houtisses pour opérer une meilleure liaison.
Les voussoirs des arcs reposent sur un imposte. Je renvoie aux planchespour leurs profils, ainsi que pour la disposition du reste de l’appareil, etdes pierres en saillie qui ont dû servir d’encorbellement pour supporter lescintres et les échafauds nécessaires à la construction : le simple coup-d’œildonné sur les figures en dit beaucoup plus à cet égard que les descriptionsécrites les mieux détaillées.
On trouve sur un des voussoirs du troisième arc du second rang, côtéde l’orient, un phallus sculpté en bas-relief; il a une sonnette au cou, sil’on peut s’exprimer ainsi, et se termine par trois autres phallus plus petits.Comme nous avons retrouvé ce meme signe sur l’Amphithéâtre, on peutle regarder comme une figure emblématique de la prospérité d’une colonienaissante et de sa renommée future.
Gautier, Histoire des Antiquités de Nismes, page 27, croit avoir vu unesemblable figure sous la voûte de l’arc principal du bas sous lequel passela riviere ; mais un examen attentif ne l’a point fait appercevoir. Il en estde même de la tète voilée que l’on supposait être celle d’Isis, et des troislettres A E A dont parle Horel, Antiquités de Castres , auxquelles on adonné diverses interprétations, telles que agrippa est atjctor, ou aqua emissa
AMPHITHEATRI, OU enfin ANTONIUS EST AUCTOR.
On lit aussi dans l’Histoire du Languedoc que le nom de Vercinius , qu’oncroit être celui de l’architecte, est gravé sur ce pont en semblables lettresonciales; mais ni Ménard, qui a fait cette recherche avec soin, ni un habileantiquaire qu’il cite, Gaillard Guiran , n’ont rien vu de pareil: Certissimumest , ajoute ce dernier à sa description des anciennes médailles de Nismes,nullum vestigium simulacri Isiaci , ont litterarum antiquœ notœ in ullo pondsloco inveneri.
Les eaux qui coulaient dans cet aqueduc, l’un des plus remarquablesde l’antiquité, étaient celle de la fontaine Airan , située près du village de
S.-Quentin, à une demi-lieue d’Uzès, et de celle d’ Eure , à un demi-quart
33