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Tome premier. Monuments de Nismes. [Texte.]
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i3o MONUMENTS DE NISMES.

de lieue de cette derniere ville, et à trois lieues et demie de Nismes 1 enligne droite ; mais le circuit qu’étaient obligés de faire les divers canauxet aqueducs qui contenaient ces eaux était de près de sept lieues, à causedes pentes et des niveaux auxquels l’écoulement obligeait de se tenir.

On trouve fréquemment des vestiges de ces conduits et aqueducs sur laligne brisée qu’ils parcouraient, et qui passait par le village de S.-Maximin,près d’Uzès, au-dessus du village de Vers, par le Pont-du-Gard , ensuitepar le village de S.-Bonnet, près celui de Sargnac, entre ceux de Besousseet de S.-Gervaisi, et enfin sur les collines au pied desquelles on a depuisbâti le monastère de S.-Bauzile ; le canal se continuait encore, tantôt surune ligne droite, tantôt en se détournant pour trouver le terrain favorable,passait près de la Tour-Magne, et suivait le dessus des collines situées aunord-est, et enclavées alors dans l’enceinte de la ville. On voyait autrefoisun réservoir construit à-peu-près sur le coteau, où a depuis été bâti lacitadelle, dans lequel une partie des eaux de cet aqueduc était reçue: unpareil réservoir a été encore découvert sur l’extrémité orientale du rocherde la fontaine; les eaux de celui-ci parvenaient, par un petit aqueduc bâtiderrière l’enceinte des Bains, dans les grands aqueducs destinés pour l’usagedes habitants.

Sans doute Nismes n’eut besoin dans sa naissance que des eaux de safontaine, elles pouvaient suffire au petit nombre de ses habitants; maisla ville s’étant accrue et les hauteurs s’étant aussi peuplées, ces quartiersélevés furent privés d’eau ; les puits n’y étaient pas praticables, et l’eaumanquait absolument dans les sécheresses, comme il arrive encore aujour-d’hui : il fallut donc y suppléer par des eaux étrangères, et les aller chercherà un point assez élevé pour fournir aux quartiers des collines de la villeet des établissements environnants. Ce fut le motif de la construction dece monument imposant, qu’on ne peut trop admirer sous le rapport de l’artet sous celui de l’utilité publique; exemple frappant donné aux générationspassées, présentes et futures, de la grandeur du peuple romain dans sestravaux publics ; exemple que n’ont point encore imité les nations qui sedisent ses rivales lorsque leurs capitales sont privées d’eau, tandis qu’uneville du troisième ordre, au plus, s’en procurait à si grands frais dans un

(i) La fontaine & Air an venait mêler ses eaux àcelles de VEuré par un aqueduc dont on voit encore

les vestiges.