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larmiers de cave n’était payée que 30 sols le pied. Les trous de scellements quelconques étaientcompris dans les prix de la pierre de taille qui précèdent, les bailleurs ne devant fournir queles fers et le plomb nécessaires.
Enfin, la couverture en tuiles creuses ou plates de Verdun devait être payée 30 sols la toise deville.
Le 21 mars 1647, le Consulat faisait un traité avec les sieurs Louis Burdet dit Pellegre, JeanLambert et Floris Poitrasson, maîtres jurés charpentiers, pour la fourniture des cintres de voûtesde l’étage souterrain de l’Hôtel-de-Ville. Le prix fait était de huit livres par toise courante mesuréed’après le toisage des voûtes, les bois restant la propriété des entrepreneurs, qui ne pouvaient lesenlever toutefois que lorsque le Consulat et les maîtres maçons le trouveraient à propos.
Le 13 avril suivant, nouveau traité passé devant M e Le Noble, notaire à Chambéry , parl’entremise du père Couchet, religieux au couvent de Notre-Dame de Confort de Lyon , de l’ordre de Saint-Dominique , entre le Consulat et les sieurs Claude Vivian et Pierre Mauret, maîtres maçonset bourgeois de Chambéry , pour l’extraction et l’ébauchage de deux grandes colonnes de 1 à16 pieds de ville sur deux pieds et demi d’épaisseur. Ces colonnes devaient être tirées d’unrocher dit de pierre rouge, situé au lieu de Vimines, près de Chambéry ( 1 ), et étaientdestinées à la grande porte de THôtel-de-Ville, du côté de la place des Terreaux.
Leur extraction, leur transport, les indemnités aux propriétaires des terrains sur lesquelles ellesdurent passer, le remplacement de l’une d’elles, qui fut brisée en route, enfin la fourniture d’autresblocs tirés de la même carrière et qui furent employés au chambranle du même portail, coûtèrentla somme considérable de 7,4^6 livres 4 sols, employée presque exclusivement en faux frais etfrais de transport, puisque les sieurs Vivian et Mauret ne reçurent pour rémunération del’extraction et de l’ébauchage des deux colonnes que la somme de 1,200 livres.
Une convention nouvelle passée entre le Consulat et les maîtres maçons de l’entreprise, le19 juin 1647, nous explique que le grand portail, d’après les premières prévisions, devait êtreexécuté en pierre noire de Grenoble , mais que, « d’après l’avis de personnes entendues en faictd’architecture, » il avait été décidé que la pierre noire serait remplacée par la pierre rougede Chambéry, pour le chambranle du grand portail et les colonnes qui l’encadrent, et que leschapitaux et les bases de ces colonnes seraient faits en marbre blanc. Dans cette conventionsupplémentaire il est dit encore que le portail devant être mis en place, ainsi que la pierredestinée à recevoir une inscription placée au-dessus, avant le premier décembre suivant, il étaitjuste, en raison du plus grand nombre d’ouvriers nécessaire aux entrepreneurs, et des fraisextraordinaires que la pose des colonnes, d’une seule pièce, pourraient leur occasionner, de leuraccorder pour ce surcroît de dépenses une indemnité de i^oo livres, mais sous la conditionexpresse que si le tout n’était pas prêt au premier décembre, les entrepreneurs seraient passiblesd’une amende de 1,000 livres qu’ils remettraient à l’Hôtel-Dieu de Lyon.
Cependant les travaux avaient marché avec une grande activité, d’autant plus remarquable, qu’àcette époque les arrivages de matériaux ne devaient pas, à beaucoup près, présenter les mêmesfacilités que l’on possède aujourd’hui ; aussi le Consulat voulant que les bâtiments commencésfussent couverts dans le courant de l’année 1648, fit-il, le 3 janvier de la même année, avecLouis Bourdet dit Pellegre, Jean Lambert et Floris Poitrasson, tous les trois maîtres charpentiers,un traité pour l’exécution des planchers, des cintres de voûtes hors de terre, des voûtes canne
(1) Les colonnes et le chambranle du grand portail de l’Hôtel-de-Ville de Lyon sont faits d une breche calcaire rouge, de durete moyenne, mais d uneffet assez riche.