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Monographie de l'Hôtel-de-Ville de Lyon : restauré sous l'administration de MM. Vaïsse et Chevreau, senateurs : accompagnée d'un texte historique et descriptif / par Tony Desjardins
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CHAPITRE PREMIER.

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et de tous les couverts de ces bâtiments, consistant alors en quatre grands pavillons, avec lecorps de logis entre deux, contenant la grande salle et la charpente du grand dôme (le beffroi)avec sa lanterne au-dessus.

Le marché passé avec ces entrepreneurs stipulait minutieusement la quantité demandée de ces

travaux de charpente, leur mode dexécution, indiquait que celle-ci devait être conforme au

plan géométral, au modèle en relief et aux épures de charpente en cinq feuilles parafées parles parties, arrêtait les dimensions exactes des plus petites pièces de bois qui devaient entrerdans la composition des charpentes, la nature des essences employées, et enfin se terminait par

le prix qui était fixé à forfait à la somme de 33,000 livres tournois.

Le 4 août de la même année, Antoine Jurine, que nous avons déjà vu chargé par le Consulatdu modèle en relief de lHôtel-de-Ville, avec François Basset, tous deux maîtres menuisiers,passèrent un marché pour tous les ouvrages de leur profession nécessaires aux parties de lédificequi étaient en voie dexécution. Dans ce traité, chaque nature douvrage est fixée à prix faitet certainement daprès des dessins bien arrêtés davance, à la somme totale de 9,000 livrestournois.

Enfin, le 2 juillet suivant, le Consulat passa avec Bertrand Bérigaud, maître couvreur à Lyon ,un traité pour la couverture des charpentes de lédifice en ardoises dAnjou , au prix de 19 livrestournois par toise carrée de ville.

Il est intéressant de suivre la marche de la construction dans ces divers traités et dans quelquesautres que nous rappellerons brièvement.

Le 10 février i 6 <jo, le Consulat jugea à propos de clore lespace au levant de lédifice, destinéà servir de jardin à lHôtel-de-Ville.

Le 26 avril suivant, il fit un marché pour la vitrerie mise en plomb des croisées, et le1 o mai, avec le nommé Barrai, maître serrurier, pour les barrettes en fer destinées à les maintenir.

Le 2 juin, nouveau traité pour la plomberie des couverts avec Pierre Coste, Thomas Esnoultet Claude Haas, maîtres plombiers, et le 9 du même mois, avec Guillaume Blancpignon et ClaudeChallou dit lAgneau , maîtres peintres, pour peindre et dorer diverses décorations des faîtages etdes arrêtiers en plomb de la couverture.

Le 30 août iôfo, le Consulat fit un traité pour lhorloge à quatre cadrans à placer dans le beffroi,et, le 13 septembre suivant, un autre traité pour la fourniture des tuyaux de descente.

La partie décorative du monument marchait de pair avec ces travaux, puisque nous rencontrons,à la date du 3 décembre, un mandat de 2 20 livres à Martin Hendricy , maître sculpteur, pour lapeinture des armes du Roi en relief, et un autre de 200 livres à Claude Warin , maître graveurà la Monnaie de Lyon , à compte des 4,000 livres qui lui avaient été promises pour les quatremédaillons en bronze à placer sur la façade de la place des Terreaux, et représentant le jeuneroi Louis XIV , la reine régente Anne dAutriche sa mère, les feus rois Louis XIII et Henri IV (1).

Le premier traité passé par le Consulat pour la construction de 1 Hôtel-de-Ville de Lyon estdu 14 juillet 1646, le dernier de ceux que nous venons de rappeler a la date du 13 septembreiôfo, et semble indiquer la fin des gros travaux du corps de logis au levant de lédifice,accompagnés de ses deux pavillons et de deux autres qui leur sont contigus, et qui sont placésen arrière des premiers sur les rues Puits-Gaillot et Lafont.

Il est probable, en outre, que les fondations du reste de lédifice étaient faites et que

(1) Ces quatre médaillons avaient disparu au moment de la grande Révolution; ils ont été refaits en bronze en i8ff par M. Fabisch, sculpteur, etnont coûté que 2,400 fr.

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