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Nous ne mentionnons ce fait, étranger à notre histoire, que pour préciser davantage nosobservations précédentes, et marquer par là que si d’autres traces d’émoluments particuliers pourl’Hôtel-de-Ville, en dehors de ceux que nous avons rappelés, n’existent pas dans les archivescommunales, c’est qu’il ne lui a rien été donné de plus.
En résumé, il a reçu :
Le 18 octobre 1646, pour les frais de son voyage à Paris . 500 livres.
Le 20 décembre de la même année, son fils a reçu. 200 _
Le même jour, Maupin a reçu. ...... 600 _
Enfin, en 1649. .. 200 _
Total .1,300 livres.
Cette somme de 1,300 livres, dont 200 pour son fils, paraît tellement disproportionnée avecle travail qui a dû incomber à Simon Maupin pour la direction d’une aussi grande entreprise, qu’ily a lieu de se demander encore quel rôle il a joué en définitive, et, si sa mission ne s’est pasbornée à donner quelques plans d’ensemble aux entrepreneurs, sans dessins de détails et sanssurveillance; et alors qui l’a remplacé pour ces parties si importantes de la profession d’unarchitecte ?
Le traitement de 600 livres qu’il recevait d’ailleurs, mais dont il devait donner une partie à sonfils, était déjà bien faible pour les fonctions importantes qu’il avait à remplir comme architectevoyer de la ville ; de quelle manière les soins, le travail et le zèle de cet architecte étaient-ilsdonc reconnus ? Ce sont là des points qu’il nous est impossible d’éclaircir aujourd’hui au moyendes documents qui nous restent.
Il nous paraît curieux et utile de faire remarquer ici la disproportion qui existait entre les hautsprix que recevaient les peintres et les sculpteurs, prix qui ne seraient pas plus élevés de nos jours,et la faiblesse des honoraires qui ont été accordés à notre architecte.
Or, comme nous savons qu’il était habile et capable, nous devons en conclure, ou bien qu’il n’aeu sur les travaux qu’une surveillance très-générale et toute sommaire, et encore pendant lespremières années de la construction seulement, — et nous avons vainement cherché la trace despersonnes qui pouvaient veiller aux détails sous sa direction, — ou bien encore que ses services ainsique ceux de ses collaborateurs ont été rétribués d’une façon qui n’a jamais figuré aux archivescommunales, tandis qu’on est surpris d’y trouver relatées en détail des dépenses de la nature laplus insignifiante.
Après la décoration de la grande salle et de la salle du Consulat, le Prévôt et les Échevinsvoulurent terminer le grand escalier, et ils firent, le 30 août 1661, avec Germain Pauthot et Blanchetun nouveau traité d’après lequel le peintre ordinaire de la ville et son associé avaient à peindre duhaut en bas toute la cage de cet escalier, soit en coloris soit en grisaille, restant chargés de tous lesfrais, à l’exception des échafaudages fournis par le Consulat, et moyennant la somme de 1 54000 livrestournois et de yo louis d’or pour étrennes.
La salle de la Conservation et le vestibule qui le précède ont dû être l’objet des soins duConsulat, aussitôt qu’il eut arrêté l’achèvement du grand escalier, puisqu’au i er mars 1668 il liait, parun traité, Laurent Lor, dit Champagne , et Jacques Liattier, maîtres menuisiers, pour l’exécution dulambrissage destiné à garnir les murs de ce vestibule à la hauteur de huit pieds par un soubassement,et au-dessus par des cadres, « pour mettre les tableaux de ceux qui ont passé par les charges consulaires« de la dicte ville. «