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graphiques que la gravure dont nous venons d’extraire le plan, et une autre de Nicolas Auroux,portant la date de 1660 à 1661, et qui ne donnent l’une et l’autre que des vues cavalières ou àéchelle réduite des façades, il est difficile de se rendre un compte exact de tous les changementsqui ont été opérés.
Nous verrons plus loin combien les événements politiques, les mouvements populaires et lesrévolutions ont ensuite altéré ce bel édifice, combien les accidents, le temps écoulé, un mauvaisentretien et l’abandon dans lequel il est resté trop longtemps, avaient modifié sa physionomie tantau dedans qu’au dehors ; pour le moment il nous suffira de constater, ainsi que nous venons de lefaire, les modifications qui étaient le résultat de la volonté des Echevins. Ceux-ci, pendantle cours assez long des travaux, ayant été remplacés plusieurs fois, des idées nouvellesdevaient se superposer constamment aux plus anciennes, et nous nous figurons qu’il a fallu àSimon Maupin une grande abnégation et une grande docilité pour tout accepter et tirer parti detoutes choses. Il est vrai que sa responsabilité devait être moindre qu’elle ne le serait de nosjours, les Echevins faisant beaucoup par eux-mêmes, ainsi que cette histoire peut ledémontrer.
En vingt-six ans, le Consulat avait donc élevé complètement l’édifice, il l’avait, en outre, décorédans la partie occidentale et il l’occupait dans toute son étendue. Remarquons ici qu’à l’exception dela grande salle qui fut détruite par un incendie, toutes les anciennes décorations ont pu parvenirjusqu’à nous, mais avec des avaries considérables et après avoir subi des altérations qui en modifiaientprofondément l’harmonie.
Mais, qu’avaient pu coûter les constructions, avec leurs décorations et les objets d’art de toutl’édifice, au moment de son achèvement complet ? Voilà ce qu’il nous paraît opportun d’éclairciravant de faire un nouvel arrêt dans cette histoire.
D’après les meilleurs auteurs, la valeur de l’argent au commencement du règne de Louis XIV pouvait être quatre fois supérieure à ce qu’elle est de nos jours ; nous partirons donc de cettebase pour établir notre évaluation.
D’après un document certain (le compte général des travaux de maçonnerie conservé aux archives municipales), l’œuvre de la
maçonnerie et de la pierre de taille a coûté. 768,^60 "• 9’-11 d -
Les calculs auxquels nous nous sommes livré, faute de documents officiels ou complets, nous font estimer
que la charpenterie a dû coûter. 17^,000 « »
La serrurerie, la menuiserie des portes et fenêtres, la plomberie et la couverture en ardoises peuvent être
estimées à. ijy,ooo » »
Le total pour les gros travaux peut s’élever ainsi à. 1 ,098,^60 '• 9*-11 d -
Soit en chiffres ronds la somme de. 100,000 '• » *• » d -
Mais les travaux intérieurs, qui atteignent s’ils ne dépassent, en general, dans les constructions du meme
genre, les gros ouvrages, doivent être comptés au moins pour la même somme, ci.1,100,000 » »
Total. 2,200,000 '• » s » d -
En y ajoutant les ouvrages d’art proprement dits en sculpture, peinture d histoire, décoration, dorure, etc.
(Pauthot et Blanchet seuls ont reçu du Consulat, pour tous les marchés que nous avons fait connaître,
63,320 livres), il faut augmenter le chiffre d’une somme de. 200,000 » »
Et enfin pour le mobilier, les bronzes, l’éclairage, etc., nous ne pouvons compter moins de. 100,000 » »
Le total est, en livres tournois, de.2,j'oo,ooo 1 ' » *• » d '
Cette somme considérable de deux millions cinq cent mille livres, qui représente dix millionsde francs de nos jours, montre bien la grandeur de l’œuvre que le Consulat avait entreprise.