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Monographie de l'Hôtel-de-Ville de Lyon : restauré sous l'administration de MM. Vaïsse et Chevreau, senateurs : accompagnée d'un texte historique et descriptif / par Tony Desjardins
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CHAPITRE TROISIEME

EUX ANS sétaient à peine écoulés depuis son achèvement, lorsquun événementaffreux faillit anéantir le bel édifice, et peu sen fallut que cette œuvre, qui avaitcoûté à ceux qui lavaient dirigée tant de soins et tant de peines et grevé les financesmunicipales dune si grosse dépense, ne disparût complètement. Un incendie formidablese déclara à lépoque nous reprenons ce récit, et comme rien ne peut mieux faire juger lesdangers courus par le monument et la nature des secours qui lui fure^' apportés que la relationpathétique qui en fut faite, et qui se trouve dans les annales co~ maires, nous allons reproduireen son entier la délibération du 17 septembre 1674 dans laquelle elle est mentionnée.

« Le jeudy, treiziesme du dit mois de septembre, entre midy et une heure, ayant paru unece fumée extraordinaire au dessus du couvert de la grand salle du dit Hostel commun, laquelle« fut aperçeue par quelques officiers et domestiques logez dans le dit Hostel. Chacun se disposait« à en aller recognoistre la cause, lorsquelle éclata malheureusement par une grande flamme,ce qui suivit cette fumée et qui séleva audessus du dit couvert, et entre celuy du grand escalierce et le dosme de lhorloge, du costé de vent (cest-à-dire du côté du sud). Cette flamme, renduece plus ardente par les plombs, bois, ardoises et autres matières combustibles quelle trouva dansce son chemin, dautant plus susceptibles du feu quil y avoit plus dun mois quil navoit plû et quece les chaleurs du mois daoust en avoient augmenté la sécheresse, produisit dabord un si grandce incendie, que le grand couvert de la grandsalle, ainsy que la voulte canne dicelle et toutes sesce peintures, comme aussy le couvert du pavillon joignant, du dit coste de vent, furent en très peu dece temps enlevez et consumez, nonobstant le grand secours qui arriva de toutes parts, tant de cellece des maçons, charpentiers et autres ouvriers qui y furent incessamment appelez par les soings et ordrece des dits sieurs échevins et officiers qui y accoururent, que par le concours dun grand nombrece dhabitans de toutes sortes de qualitez, sexe et âge, qui travaillèrent, au péril mesme de leurce vie, à arrester cet incendie et à sauver ce qui se pouvoit de ce magnifique édifice. Ce qui ne

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