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Monographie de l'Hôtel-de-Ville de Lyon : restauré sous l'administration de MM. Vaïsse et Chevreau, senateurs : accompagnée d'un texte historique et descriptif / par Tony Desjardins
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HOTEL-DE-VILLE DE LYON

« put empescher que les flammes sestant attachées à un degré de bois par lequel on montoit« en dedans du dosme jusques à la chambre de lhorloge, elles ny montassent aussy ; en sorte« quaprès avoir embrasé le plancher de la dite chambre, le dit horloge tomba en plusieurs pièces,« et, ensuite, les poutres qui en soutenoient les cloches ayant esté pareillement consumées, elles« tombèrent par les mesmes ouvertures par lesquelles on les avoit fait passer en les eslevant, ce« qui ne se peut faire sans un grand ébranlement des voultes du dit dosme.

« Après quoy le vent ayant changé et tourné, ces flammes dévorantes furent portées avec une« rapidité inconcevable du costé de bise (du côté du nord), elles détruisirent et consumèrentce en moins dun quart dheure la charpente et le couvert des deux pavillons du dit costé, estant,ce tant sur la chambre des Portraits que sur celle du Consulat, et, attaquant avec la mesme vitessece laisle joignant, elles auroient bruslé tout le reste du dit couvert et possible (probablement) lesce bastimens au dessoubs, si lon neût, avec une promptitude qui les prévint, coupé et séparé lece dit couvert audessus des archives, et par ce moyen, arresté le cours de ce terrible incendie, quice saffoiblit faute de matière et néantmoins dura encore pendant la nuit, et, nonobstant tous lesce grands soings et le bon ordre quon y apporta, descendit sur les planchers, mesme sur celui de« la dite salle des Portraits et brusla la moitié du grand tableau du plafond de la dite salle, à« quoy toutefois se réduisirent et terminèrent ses plus grands progrès, bien que les deux ou troisce jours suivants aient tousjours tenu un chacun dans lalarme et dans la crainte. Mais, grâces àce Dieu , elles sont entièrement cessées par la vigilance et application des dits sieurs et par ce grandce ordre et secours continuel quils y ont donné et quils continuent dy donner pour la conservationce des bastimens du dit Hostel, exposez à linjure du temps par la destruction des couverts, pource le restablissement desquels, ainsy que pour sauver les plombs et les autres restes de ce tristecc incendie, ils ont pris les résolutions convenables, comme aussy pour récompenser ce grandce nombre douvriers et de pauvres habitans qui ont contribué au dit secours * faire conduire etce traiter dans les hôpitaux les blessez, assister les veufves et enfans des morts, enlever les terrainsce et pourvoir à toutes les choses nécessaires et convenables dans une si funeste et si embarrassantecc conjoncture. «

Lépouvantable catastrophe dont nous venons de rapporter le récit, avait anéanti le Consulat, quiavait vu disparaître en quelques heures une partie des remarquables ouvrages quil avait eu tant depeine à conduire à bonne fin et qui lui avaient coûté tant defforts de toute nature. Aussi en fut-ilattéré et ne prit-il pas de suite les mesures nécessaires pour une restauration sérieuse des dégâtsqui avaient eu lieu; il se contenta seulement de pourvoir aux travaux les plus urgents pourmettre lédifice à labri des intempéries au moment la mauvaise saison approchait, et il ne fitrien que du provisoire (i).

Ce ne fut que plus de deux ans après, le 17 décembre 1677, que le Consulat, inquiet au sujetdu beffroi de lHotel-de-Ville, en provoqua la visite qui fut faite par Paul Bertaud (2), voyer dela ville, Claude Chana et Thomas Blanchet , architectes, assistes de Philibert La Combe, maîtremaçon de la ville.

(1) La reconnaissance des combles de lHôtel-de-Ville, qui fut faite le 28 février 1687, par le voyer de la ville, Paul Bertaud, en présence de deuxEchevins, nous montre que ceux du grand escalier, de la grande salle, du pavillon nord et de 1 aile au nord a la suite, jusqu au-delà des Archives,étaient alors couverts en tuiles creuses. Cela indique en même temps que les charpentes de cette partie de 1 édifice, probablement les seules qui eussentété incendiées, n'avaient été refaites qu'à faible inclinaison et simplement pour mettre lédifice à 1 abri.

(2) Paul Bertaud avait succédé, le 18 août 1676, à Ferdinand Seguin, voyer de la ville, lequel avait remplacé Ennemond Maupin, fils de Simon Maupin,démissionnaire.