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« satisfaire au dit arrêt, et pour éviter les accidents dont on est menacé par la caducité et le mauvais« estât du dôme de l’Hôtel-de-Ville, d’y faire travailler incessamment, le Consulat a arrêté que les« publications et les formalités seront faites incessamment, en conséquence du devis qui a esté« remis par le dit sieur Simon, etc., et, à l’égard des appointements du sieur Simon, ils demeurent« réglés à la somme de 2,000 livres par an, tant que le dit sieur Simon sera employé par les« ordres du Consulat, pour veiller à la construction des dits ouvrages, pour conduire journellementce les ouvriers, ce qu’il sera tenu de faire, et d’observer que l’on n’employe aucuns matériaux qui nece soient de la qualité requise. Laquelle somme de 2,000 livres par an sera payée au dit sieur Simonee par quartier de trois mois en trois mois, par avance, à compter du I er janvier dernier, depuisce lequel temps il a commencé à prendre toutes les dimensions et les autres mesures nécessairesce pour la disposition des dits ouvrages. Tout ce que dessus ayant été réglé par M. Mansard, qui ace aussy jugé à propos de faire payer au dit Simon la somme de 200 livres pour les frais dece son voyage en cette ville, etc. «
Il est bon de remarquer, d’après ce qui précède, que Mansard est bien l’auteur des nouvellesdispositions qui furent adoptées pour la façade de l’Hôtel-de-Ville et qui modifièrent notablementson ancienne physionomie. Comme unité de style, le monument y a peut-être un peu perdu,mais comme importance et comme masse il n’en est pas de même, et il est juste de dire queMansard a rempli sa tâche en homme de talent, que la façade actuelle de l’édifice a un très-beaumouvement dans les lignes supérieures, et qu’elle lutte ainsi beaucoup mieux avec les bâtiments quil’entourent que lorsqu’elle ne dépassait pas leur niveau. Les auteurs qui ont prétendu que Mansardavait gâté l’édifice, nous paraissent donc, d’une part, avoir mal connu ce que ce dernier était avantl’incendie, et n’avoir pas assez apprécié, d’un autre côté, la manière heureuse dont Mansard avaitsu rattacher aux lignes anciennes les nouvelles décorations qu’il adoptait. Le beffroi, qui sembleavoir été refait à peu près complètement à neuf, doit être dû entièrement à son crayon : il estsans contredit d’un grand caractère et il ne souffre d’aucune comparaison.
L’architecte de Cotte n’avait eu dans toute cette affaire qu’un rôle très-effacé, il était venusurtout pour étudier les meilleurs emplacements à choisir pour y mettre la statue de Louis XIV ,et pour se rendre compte, sur place, du degré de facilité d’exécution que la composition de Mansardpouvait présenter pour la façade de l’Hôtel-de-Ville.
En véritable grand seigneur, il ne voulut recevoir pour ses frais de voyage et ses peines aucunerétribution, quoiqu’il fût venu à Lyon , ainsi que le dit une délibération du 27 janvier 1701, «avec« un commis et un valet. >3 Aussi, le Consulat, afin de ne pas être en reste avec lui, et pour luitémoigner toute sa reconnaissance, fit-il acheter chez le sieur de Boze, marchand fabricant d’étoffesde soie, un meuble de damas de Gênes , rouge cramoisi, et une veste en brocard d’or, et lui envoyale tout à Paris . De Cotte accepta avec la permission du Roi ce riche cadeau, qui ne coûta pasmoins de 2,034 livres 10 sols au Consulat.
Il est des faits qui peignent mieux une époque que bien des réflexions, et celle où se passe cerécit, fastueuse mais empreinte d’une véritable grandeur, se trouve parfaitement caractérisée par letrait que nous venons de faire connaître.
Le 26 avril 1701, l’adjudication des travaux de maçonnerie et de pierre de taille fut tranchéeen faveur des sieurs Ampère , Perret et Hadet, maîtres maçons, au prix de 11 livres pour la toisecarrée (1) de maçonnerie de dix-huit pouces d’épaisseur, et de vingt-quatre sols pour le pied (2)