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Monographie de l'Hôtel-de-Ville de Lyon : restauré sous l'administration de MM. Vaïsse et Chevreau, senateurs : accompagnée d'un texte historique et descriptif / par Tony Desjardins
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HOTEL-DE-VILLE DE LYON

« satisfaire au dit arrêt, et pour éviter les accidents dont on est menacé par la caducité et le mauvais« estât du dôme de lHôtel-de-Ville, dy faire travailler incessamment, le Consulat a arrêté que les« publications et les formalités seront faites incessamment, en conséquence du devis qui a esté« remis par le dit sieur Simon, etc., et, à légard des appointements du sieur Simon, ils demeurent« réglés à la somme de 2,000 livres par an, tant que le dit sieur Simon sera employé par les« ordres du Consulat, pour veiller à la construction des dits ouvrages, pour conduire journellementce les ouvriers, ce quil sera tenu de faire, et dobserver que lon nemploye aucuns matériaux qui nece soient de la qualité requise. Laquelle somme de 2,000 livres par an sera payée au dit sieur Simonee par quartier de trois mois en trois mois, par avance, à compter du I er janvier dernier, depuisce lequel temps il a commencé à prendre toutes les dimensions et les autres mesures nécessairesce pour la disposition des dits ouvrages. Tout ce que dessus ayant été réglé par M. Mansard, qui ace aussy jugé à propos de faire payer au dit Simon la somme de 200 livres pour les frais dece son voyage en cette ville, etc. «

Il est bon de remarquer, daprès ce qui précède, que Mansard est bien lauteur des nouvellesdispositions qui furent adoptées pour la façade de lHôtel-de-Ville et qui modifièrent notablementson ancienne physionomie. Comme unité de style, le monument y a peut-être un peu perdu,mais comme importance et comme masse il nen est pas de même, et il est juste de dire queMansard a rempli sa tâche en homme de talent, que la façade actuelle de lédifice a un très-beaumouvement dans les lignes supérieures, et quelle lutte ainsi beaucoup mieux avec les bâtiments quilentourent que lorsquelle ne dépassait pas leur niveau. Les auteurs qui ont prétendu que Mansardavait gâté lédifice, nous paraissent donc, dune part, avoir mal connu ce que ce dernier était avantlincendie, et navoir pas assez apprécié, dun autre côté, la manière heureuse dont Mansard avaitsu rattacher aux lignes anciennes les nouvelles décorations quil adoptait. Le beffroi, qui sembleavoir été refait à peu près complètement à neuf, doit être entièrement à son crayon : il estsans contredit dun grand caractère et il ne souffre daucune comparaison.

Larchitecte de Cotte navait eu dans toute cette affaire quun rôle très-effacé, il était venusurtout pour étudier les meilleurs emplacements à choisir pour y mettre la statue de Louis XIV ,et pour se rendre compte, sur place, du degré de facilité dexécution que la composition de Mansardpouvait présenter pour la façade de lHôtel-de-Ville.

En véritable grand seigneur, il ne voulut recevoir pour ses frais de voyage et ses peines aucunerétribution, quoiquil fût venu à Lyon , ainsi que le dit une délibération du 27 janvier 1701, «avec« un commis et un valet. >3 Aussi, le Consulat, afin de ne pas être en reste avec lui, et pour luitémoigner toute sa reconnaissance, fit-il acheter chez le sieur de Boze, marchand fabricant détoffesde soie, un meuble de damas de Gênes , rouge cramoisi, et une veste en brocard dor, et lui envoyale tout à Paris . De Cotte accepta avec la permission du Roi ce riche cadeau, qui ne coûta pasmoins de 2,034 livres 10 sols au Consulat.

Il est des faits qui peignent mieux une époque que bien des réflexions, et celle se passe cerécit, fastueuse mais empreinte dune véritable grandeur, se trouve parfaitement caractérisée par letrait que nous venons de faire connaître.

Le 26 avril 1701, ladjudication des travaux de maçonnerie et de pierre de taille fut tranchéeen faveur des sieurs Ampère , Perret et Hadet, maîtres maçons, au prix de 11 livres pour la toisecarrée (1) de maçonnerie de dix-huit pouces dépaisseur, et de vingt-quatre sols pour le pied (2)

(1) La toise de ville valait sept pieds et demi, dont chaque pied excédait celui de France de sept lignes huit dixièmes.

(2) Le pied de ville valait trois décimètres quatre centimètres deux millimètres cinq cent douze millièmes.