CHAPITRE TROISIEME.
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cube de la pierre de taille de Seyssel ou de Villebois, toute main-d’œuvre de taillage comprise etla pose comptée à la maçonnerie. Le 12 mai suivant, il en fut de même pour la charpenterie, quifut adjugée à prix fait et à la bougie éteinte, pour la somme de 11,000 livres, à Aimé et PierreDegérando père et fils. Le 25 octobre, on adjugea au rabais, à François Maillard, maître serrurier,les ouvrages de son art, à faire à l’Hôtel-de-Ville, pour les réparations en cours d’exécution,moyennant 1 3 livres 1 o sols par quintal de fer employé. Le même jour on traita pour les ouvragesde plomberie avec Claude Marais, François Bully et Claude Testu, et le 6 mai suivant il y eut unmarché passé, pour la dorure des parties sculptées qui décoraient la calotte du dôme au-dessusde l’horloge, avec Pierre Isnard, au prix total de 728 livres et avec de l’or au titre de 60 livres lemillier. A la même date, on traita avec les entrepreneurs de maçonnerie pour les ouvrages enplâtre de la voûte de la grande salle. La couverture en ardoises des deux pavillons sur la placedes Terreaux fut donnée le 22 août 1702 au nommé Crépin Lasne, maître couvreur, pour la sommede 430 livres, ne comprenant absolument que la façon; les ardoises, les clous et les échafaudages étantfournis par le Consulat. Enfin, et pour compléter cette restauration extérieure du monument, unmarché passé en date du 20 mars suivant avec François Gaultier et Joseph Ampère, dénommés« architectes, maistres charpentiers et maçons, « pourvut à la réparation de tous les chéneauxappartenant aux parties de l’édifice que l’incendie n’avait pas atteintes. Ce travail consistait àremplacer les anciens chéneaux en plomb, altérés par le temps, par des chéneaux en pierre dure deVillebois, moyennant le paiement d’une somme de 7^0 livres et l’abandon des vieux plombs auxentrepreneurs, qui, en outre de la fourniture et de la pose de la pierre de taille, étaient tenus defaire à la couverture tous les ouvrages de raccord que nécessitait cette réparation.
Les ouvrages d’art et entre autres la sculpture devaient accompagner ceux que nous venons dedécrire; aussi, le 13 février 1703, le Consulat traita à prix fait avec Guillaume Simon, sculpteur,sous la direction des architectes Mansard et de Cotte, pour la statuaire et la sculpture d’ornementsà exécuter aux parties nouvellement refaites de la façade des Terreaux, et au beffroi, au prix de3,142 livres. Nous devons constater ici que c’est la première fois que nous rencontrons dans cettehistoire un marché où les sculpteurs reconnaissent traiter sur des dessins et modèles approuvés parl’architecte.
A la fin de la même année et le 4 décembre, le Prévôt des marchands et les Echevins donnèrentà prix fait, à Marc Chabry, sculpteur, « présent et acceptant «, la sculpture du motif milieu quicouronnait la nouvelle façade et qui était composé de la statue équestre du Roi en fort bas-relief, dedeux termes et de deux renommées qui en formaient le cadre, enfin de deux figures colossales àplacer sur la balustrade. Le tout devait être exécuté en conformité des dessins remis par de Cette etdevait être payé la somme de f,2oo livres (1), comprenant encore la fourniture de la pierre pourles figures isolées et celle qui manquerait aux sculptures à prendre dans la masse, ainsi que tous leséquipages et échafaudages quelconques qui seraient nécessaires.
Mais le sculpteur Chabry ne put mettre à exécution le marché qu’il avait passé avec leConsulat, sans que les pierres de taille qui formaient le frontispice, et qui avaient été mal posées,fussent remises en place; il fallut donc y revenir, et le sieur Claude Virignin, dit Laplante,entrepreneur, se chargea, à prix fait, de la démolition et reconstruction de ce frontispice, suivantles ordres et les mesures qui lui furent données par Chabry. Cette nécessité de reconstruire le
(1) La somme de 600 livres fut payée comptant à Chabry ; une autre somme de 600 livres lui fut remise lorsqu'il commença les travaux, et les 4,000 livresrestantes furent laissées par l'artiste à la ville, en rente constituée, annuelle et perpétuelle, au denier vingt, dont les arrérages montaient annuellement à200 livres, que le Consulat s’engagea de faire payer à Chabry de six en six mois.