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Monographie de l'Hôtel-de-Ville de Lyon : restauré sous l'administration de MM. Vaïsse et Chevreau, senateurs : accompagnée d'un texte historique et descriptif / par Tony Desjardins
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HOTEL-DE-VILLE DE LYON

rétabli, fut simplement garnie de grands châssis de bois, recouverts de toiles peintes à la détrempedans toute leur hauteur, décoration qui, toute provisoire quelle devait être, dura cependant jusquàlannée 1864.

On avait placé au sommet du beffroi de lHôtel-de-Ville, nous ignorons à quelle époque, unestatue en bois de Mercure, symbole du commerce, qui navait, paraît-il, aucune analogie avec lesornements darchitecture qui décorent cet édifice ; un orage la renversa en 1806 (1) et elle nefut jamais relevée, mais seulement remplacée par le drapeau national qui existe encore.

Bien des années sécoulèrent sans quil fût question de faire disparaître de lédifice municipalles nombreuses avaries quil avait reçues par le fait des discordes civiles; lEmpereur Napoléon I er ,qui avait fait beaucoup pour aider la ville de Lyon à se relever de ses ruines, avait vu sombrerlédifice gigantesque de sa puissance sous les coups de la coalition. Le sol de la France avait étéenvahi par les armées étrangères. LEmpire enfin avait disparu et la Restauration des Bourbonssétait accomplie avant quil eût été pris aucune mesure relativement à lHôtel-de-Ville.

Cependant, le 19 octobre 1820, le baron Rambaud, alors maire de Lyon , fît au Conseil municipalun rapport dans lequel il rappelait quà la séance du 12 du même mois il avait proposé lérectiondun monument sur lune des places publiques de la ville, en mémoire de la naissance du ducde Bordeaux , mais que les objections faites contre létablissement dune fontaine (2) au milieude la place des Terreaux avaient déterminé le Conseil à ajourner sa délibération à ce sujet.

Le Maire proposait : i° de placer dans le médaillon, autrement dit le tympan de lattique dela façade principale de lHôtel-de-Ville, un sujet allégorique à la naissance du duc de Bordeaux ;2 0 de rétablir en grand les armes de France dont cet attique était surmonté avant 1793; 3 0 détablirau milieu des deux avant-corps de cette même façade deux piédestaux en marbre sur lesquelsseraient placés les deux bronzes représentant le Rhône et la Saône , qui sont sous le vestibule delHôtel-de-Ville, et auxquels on conduirait une quantité deau suffisante pour former deux fontainestoujours jaillissantes.

Le Conseil municipal renvoya à une Commission spéciale (3) lexamen de la proposition deM. le Maire, pour quil lui soit fait un rapport dans une prochaine séance.

Le Conseil municipal se réunit de nouveau le 27 octobre, et, sur le rapport qui lui fut fait parM. Degérando , il décida quun bas-relief, dont le sujet devait être Louis XVIII présentant le ducde Bordeaux à la France , serait placé dans le tympan de lHôtel-de-Ville, et quil serait surmontédes armes de France telles quelles étaient avant la Révolution. Il arrêta encore quon élèverait aumilieu des deux avant-corps de la façade sur la place des Terreaux, deux fontaines monumentales,accompagnées dinscriptions commémoratives; enfin, le Conseil exprimait le désir quun concours fûtouvert pour la présentation des plans, dessins et devis, ainsi que pour le choix des artisteschargés de lexécution, et il émettait le vote des fonds nécessaires, en chargeant le Maire deprendre toutes les dispositions indispensables à lexécution de sa délibération.

Le baron Rambaud paraît navoir pas donné suite immédiatement à cette décision du Conseilmunicipal, puisquon ne rencontre pas, avant la séance du 22 janvier 1822, des traces de la miseen exécution de ce projet.

Le Maire exposa, dans cette séance, que pour répondre au vote du 27 octobre 1820, par lequel

(1) Bulletin de Lyon , n° 87, I er novembre 1806.

(2) On avait parlé, dans la séance du 12 novembre, dutiliser les deux statues du Rhône et de la Saône pour la décoration de cette fontaine.

(3) Cette Commission était formée de MM. de Ruolz, Magneval et Mottet-Degérando.