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Monographie de l'Hôtel-de-Ville de Lyon : restauré sous l'administration de MM. Vaïsse et Chevreau, senateurs : accompagnée d'un texte historique et descriptif / par Tony Desjardins
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CHAPITRE QUATRIEME.

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Voici ce que nous apprend à ce sujet le Bulletin de Lyon ( n° 83), du 27 messidor an XI :

« Le 2y de ce mois, jour anniversaire de la prise de la Bastille, une fête publique avait été« célébrée, en conformité de la loi du 3 nivôse an VIII. Des danses sur la place Bonaparte« (Bellecour), des évolutions militaires dans la plaine des Brotteaux, des salves, des illuminations« avaient rempli et terminé la journée. On avait admiré Tillumination de la façade de lHôtel-« de-Ville. A dix heures du soir, cette brillante illumination devint fatale. Un incendie, allumé« par les lampions, éclate, menaçant et terrible. Le feu se déclare au-dessus de la grande salle« presque au milieu de la façade. Malheureusement, un vent du nord souffle avec force etcc augmente lactivité de la flamme. Lalarme se répand, la charge (la générale) bat, le beffroi sonne,« le tocsin rassemble bientôt une population nombreuse et les secours dusage. Dans le principe,« au milieu de leffroi général et des cris, ces secours paraissaient lents à administrer; mais ilsce se multiplient, deviennent rapides et sont si bien dirigés, quaprès de grands efforts on parvientc« à maîtriser lincendie. Le corps des pompiers, la garnison, les Frères de lHôpital, tous lesce citoyens redoublent de zèle et de dévouement; chacun croit défendre sa propriété particulièrece en défendant la propriété commune. Quel malheur, disait-on de toutes parts, les orages révo-ce lutionnaires ont renversé tous nos édifices, celui- restait seul, et voilà le feu qui nous lenlève,ce Cette idée donne à tous les cœurs une nouvelle énergie; et, soit par leffet des secours, soit

ce par tout autre concours; lincendie séteint après trois heures dactivité On évalue à

ce 100,000 francs le dommage causé par cet événement. La grande salle et les deux piècescc attenantes (1), nouvellement réparées et décorées, ont été entièrement dévastées par le feu ouc< par les précautions que suggérait la prudence. Les murs seuls restent, mais ils nont point étécc assez endommagés pour ne pouvoir plus servir. Tous les papiers que renferment les nombreuxce corps darchives ont été préservés; pas une feuille nest devenue la proie des flammes, et dansce le cas, dailleurs, lincendie aurait gagné les ailes du bâtiment, on aurait eu le temps dece prendre les mesures nécessaires pour conserver les titres les plus précieux. «

Cependant on soccupa bientôt des moyens de restaurer la grande salle qui avait été incendiée.M. Cochet, architecte, membre de lAcadémie de Lyon, dans une brochure datée de lan XI (1803),développe les raisons qui lui font combattre les idées de ceux qui auraient voulu la couvrir parune voûte en maçonnerie, en observant avec beaucoup de sens que les murs qui lencadrentnont pas été établis pour soutenir la poussée dune construction de ce genre.

Il se détermine pour quon établisse une voûte en bois enduite de stuc à lintrados, et il ajouteque la salle, telle quelle était avant lincendie, nayant dans sa décoration aucun caractère qui pûtla mettre au rang des ouvrages de goût, il conviendrait de garnir ces murs de seize grandes colonnesdordre corinthien, portées sur des piédestaux, entre lesquelles seiaient établis des giadins. Cescolonnes, couronnées dun riche entablement sur lequel on îepiesenteiait en sculptuie les pnncipauxtraits de lhistoire de Lyon , devraient porter une voûte darête, enrichie de peintures allégoriques.Le stuc imitant les marbres les plus précieux, les bronzes et les bois les plus raies, les drapeiies desoie brodées dor pour les jours de cérémonie, auraient complété un ensemble dune grande richesse;mais, à nos yeux, létablissement de colonnes détachées des murs et occupant par ce motif unespace précieux, ne pouvait qualtérer les proportions de la salle, qui sont loin de pouvoir êtremodifiées impunément.

Ce projet neut pas de suite, et la grande salle, après que le plancher qui la recouvrait eut été

(i) Les deux pièces attenantes, qui sont les salies Henri IV et Louis XIII ne souffrirent pas de lincendie, fort heureusement, mais seulement dessecours par lesquels on le combattait.