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« équestre sera, en outre, bien plus en rapport et en harmonie avec l’ordre d’architecture de la« façade elle-même.
« La forme du médaillon repousse le bas-relief comportant plusieurs figures, et on peut dire,« au contraire, qu’elle appelle la statue équestre.
« Vous savez, en effet, qu’avant la Révolution c’était celle de Louis XIV , que le vandalismece de 1795 a détruite.
ce J’ai donc invité M. Legendre-Hérald (i), dont les talents prennent chaque jour un nouveauce développement, à me présenter sur cet objet un travail rédigé sous les trois points ci-après :ce en marbre blanc, en bronze, en pierre de Seyssel.
ce D’après les devis qu’il m’a fournis, la dépense totale serait :
ce Dans le premier cas, de.94,000 fr.
ce Dans le deuxième cas, de.80,000 fr.
ce Dans le troisième cas, de.4^,000 fr.
ce II faut, à mon avis, renoncer aux deux premiers projets et ne s’occuper que du troisième,ce Je propose de renvoyer l’esquisse et les propositions de M. Legendre-Hérald à l’examen desce Commissions des finances et des objets d’intérêt public. »
Après la lecture faite, dans la séance du j août suivant, du rapport des deux Commissions dontil s’agit, le Conseil émit les vœux suivants :
ce Art. i er . — Il sera placé dans le médaillon de la façade principale de l’Hôtel-de-Ville unece statue équestre de Henry IV, en pierre blanche de Seyssel.
ce Art. 2. — Afin que les délibérations du Conseil, des 20 octobre 1820 et 4 janvier 1822, ne
ce restent pas totalement sans exécution, M. le Maire est invité, pour perpétuer le souvenir de
ce la naissance de S. A. R. Mgr le duc de Bordeaux , de donner à l’un des peintres sortis de
ce l’Ecole lyonnaise , la commande d’un tableau dans les grandes dimensions, dont le sujet serace Louis XVIll présentant le duc de Bordeaux à la France .
(1) Legendre-Hérald est né à Montpellier (Hérault ), le 23 janvier 1796; son père s’appelait Legendre; sa mère, devenue veuve de bonne heure,vint à Lyon , où elle connut le nommé Hérald, basson à l’orchestre du Grand-Théâtre, qu’elle épousa lorsque son fils était encore très-jeune. Cedernier, qui avait joint au nom de son père celui de son beau-père, entra, en 1810, à l’Ecole des Beaux-Arts, comme élève de sculpture, sous ladirection du professeur Chinard ; en 1817, il exposait au Louvre une statue de Narcisse et une Hébé; en 1819, un jeune Lutteur, figure pour laquelleil reçut la grande médaille, et des bustes. En 1820 ou 1821, il partit pour Rome et en rapporta deux statues, l’une de Léda , et l’autre d’Eurydice , qu’ilexposa à Paris ; on l’accusa d’avoir moulé la première sur un modèle, et Legendre, piqué, fit un pied beaucoup plus grand que nature, dont la véritéétait assez parfaite pour montrer ce dont il était capable. En 1823, Legendre-Hérald fut nommé professeur de sculpture à l’Ecole des Beaux-Arts deLyon , en remplacement de Marin, qui avait succédé à Chinard .
L’année suivante, il épousa une de ses élèves, M lle Aricie Wable, dont il eut deux enfants, un fils et une fille. A la suite de divergencesd’opinion en matière d’enseignement avec le directeur de l’Ecole , Bonnefond, Legendre-Hérald donna sa démission de professeur en 1832 ou 1833, etse retira à Paris . Il y est mort en 18y2, d’une maladie de la moelle épinière. Il était alors membre de l’Académie de Lyon et chevalier de la Légiond’honneur.
Les œuvres de Legendre-Hérald sont nombreuses. Le Musée de Lyon a de lui la Léda et l'Eurydice, figures en marbre dont nous avons déjà parlé, faites àRome en 1821; un buste en marbre, de M. Ennemond Eynard, exécuté en 1832; un autre, sans date, de même matière, de M. Bernard de Jussieu ;un Sylène, figure en marbre, fait à Lyon en 1833; un Giotto en bronze, fait à Paris en 1842, d’après son fils; une grande statue de Minerve, en marbre;enfin, une seconde Léda, seulement en plâtre. La chaire à prêcher de la Cathédrale a été exécutée par Legendre-Hérald, sur les dessins de M. Chenavard.Nous avons vu que la statue d'Henry IV , sur le fronton de l’Hôtel-de-Ville, était son œuvre; il concourut aussi pour la statue équestre de Louis XIV ,élevée sur la place Bellecour, mais l'exécution en fut confiée à Lemot , et Legendre se consola difficilement de cet échec.
Ce sculpteur a fait encore quantité d'autres œuvres qui aujourd’hui sont dispersées : entre autres, une statue de Psyché pour laquelle sa fille lui servitde modèle, et celle en marbre du général Joubert, placée sur la Grande-Place de Pont-de-Vaux, dans le département de l’Ain .
11 était artiste de talent et homme de cœur aux sensations vives ; le mécompte dont nous venons de parler et la mort de sa fille, qu’il adorait, furentpour lui des blessures dont il ne se releva jamais.
L’Académie de Lyon possédé son portrait peint par Genod, qui lui a été légué par le docteur Pointe, un de ses membres.