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ses murailles ; mais après les alternatives diverses de la période pleine d’agitations qui s’étenditjusqu’au io décembre i8yi, et surtout après la proclamation du deuxième Empire, l’essorconsidérable donné aux affaires, longtemps comprimées, les ressources nouvelles qui en résultaientpour la ville, une ardeur toute particulière pour l’entreprise des diverses améliorations matériellesqu’elle avait attendues depuis si longtemps, tout contribua à décider enfin la municipalitélyonnaise à commencer les travaux de restauration du monument.
Sous l’administration de M. Reveil, maire de Lyon , aujourd’hui sénateur, à qui revient l’honneurd’avoir pris l’initiative de cette restauration, M. Dardel, alors architecte en chef de la ville,proposa et fit accueillir, comme spécialement urgente, la réparation du beffroi, profondémentaltéré. Cette partie de l’édifice fut l’objet de travaux importants de grosse maçonnerie et decouverture, qui furent exécutés particulièrement dans le courant des années i8fo et i8p, par lesfrères Guillet, entrepreneurs, et s’élevèrent au total de 43,^00 fr.
La sculpture, qui fut faite par le sieur Robert, se trouve comprise dans la dépense qui précède,pour la somme de 4,000 fr.
Plus tard, en 18 y ^, on demanda à M. Dardel de dresser un devis sommaire pour la restaurationgénérale de l’édifice, et on en détacha tout ce qui avait rapport à la façade principale, sur laplace des Terreaux. Ces travaux ayant été approuvés par la Commission municipale, le i er juilletde la même année, furent adjugés le 6 août suivant au sieur Riffat, entrepreneur, et ne furentterminés qu’à la fin de i8^y.
Un homme aussi remarquable par l’honorabilité et le caractère que par les plus hautes capacitésadministratives, M. Claude-Marie Vaïsse, alors Conseiller d’Etat, ancien ministre, avait été chargé del’administration du département du Rhône depuis le 4 mars 18 y 3 5 favorisé par la confiancetoute particulière que l’Empereur Napoléon III avait mise dans la netteté de ses vues et la fermeténécessaire pour les accomplir, M. Vaïsse arrivait à Lyon avec un programme d’améliorations entrevupar tous, mais qu’il n’était pas facile de mettre à exécution.
Il se dévoua à cette œuvre souvent ingrate, et devenu Lyonnais dans l’âme, armé d’ailleurs d’uneautorité qu’il devait sans doute aux institutions d’alors, mais plus encore à son caractère et à lamesure qu’il savait mettre dans tous ses actes, M. Vaïsse entreprit la régénération de la cité, unpeu vieillie et un peu en arrière dans la voie des améliorations matérielles. Il ne pouvait queporter le plus vif intérêt à l’édifice municipal par excellence, et nous, qui l’avons vu à l’œuvre,qui avons pu si souvent reconnaître son intelligente et sûre appréciation des mesures véritablementutiles, nous sommes heureux de lui rendre ici un public hommage, et d’exprimer toute notregratitude pour l’intérêt qu’il attachait à nos travaux de restauration, souvent bien difficiles, pourl’appui bienveillant qu’il ne cessait d’apporter à nos efforts, et pour la sympathique fermeté aveclaquelle il sut bien souvent relever notre courage, ébranlé par des critiques oublieuses desdifficultés à vaincre, peu justifiées, ou manquant de sincérité dans leur expression.
Nous avons dit que la restauration de la façade principale fut entreprise en 18^; nous devonsajouter que ce fut surtout à la médiation de M. Vaïsse que l’entreprise fut décidée, comme lecommencement des grands travaux que l’état de l’édifice avait rendus nécessaires. Mais M. Dardel (1),
(1) M. Dardel, qui avait le titre d’architecte en chef et de voyer en chef de la ville, s’est démis des fonctions qu’il remplissait, le i cr mai 18^4,1 Administration ayant décidé alors que les grands travaux d’édilité qu’elle avait en projet seraient dirigés dorénavant par un ingénieur en chef des pontset chaussées, pour tout ce qui avait rapport à la voirie proprement dite.
Ce service, après avoir joui quelquefois, sous différents de ses chefs nominaux, d’une sorte d’indépendance, mais qui avait été remis, en dernierlieu, sous la direction supérieure de M. Dardel, fut ainsi complètement mis à part de tous les bâtiments et édifices appartenant à la Commune, et