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devaient être centralisés à l’Hôtel-de-Ville, appelé à devenir ainsi le centre de l’administrationgénérale de la ville et du département, en même temps que la résidence du préfet.
Un double problème se présentait donc au moment de la restauration qu’on avait en vue : celuid’établir les services nouveaux sans altérer aucune des parties du monument qui se recommandaientpar quelque mérite d’art ou de souvenir, et l’obligation, dans l’intérêt même de sa conservationà venir, de rechercher la plus grande commodité possible pour une occupation, plus complète etplus régulière que par le passé, de tous les appartements.
Construit par les Echevins pour recevoir des services peu nombreux et peu compliqués, etsurtout comme un édifice d’apparat, destiné à servir de cadre brillant aux fêtes qu’ils donnaientà leurs concitoyens ou aux réceptions des souverains, l’Hotel-de-Ville, sous l’ancien régime,renfermait sans doute toutes les dispositions nécessaires alors; mais, altéré par tant de révolutionssuccessives dans les administrations communales, il ne présentait plus rien de bien approprié auxcoutumes actuelles, si différentes de celles du passé. Il fallait ainsi une transformation radicale, denature à permettre à l’édifice de recevoir les services municipaux et départementaux, le logementdu préfet, ceux de ses secrétaires généraux et des personnes de leur suite, des appartements pourles réceptions, des locaux pour les archives; tout ce qui, en fait de services, se trouvait déjà dansle monument, ajouté à tout ce que renfermait l’ancienne préfecture. On pensa en outre qu’il étaitdigne de la ville de Lyon de pouvoir offrir aux souverains qui la traverseraient désormais unehospitalité convenable, et puisque l’étendue de l’Hôtel-de-Ville se prêtait à la réalisation de cettepensée, l’établissement d’un appartement pour le chef de l’Etat figura dans le programme de larestauration complète et définitive de l’Hôtel-de-Ville de Lyon .
Nous avons expliqué déjà que dès l’année 18^3 cette restauration avait été entrevue, mais il n’yeut que des avantages à ce qu’elle fût ajournée à cette époque, puisque chacun se rendit mieuxcompte, par ce retard, de ce qu’il y avait à faire, tant pour les nouveaux services que le monumentétait appelé à recevoir, que pour la mise en train intelligente des travaux qu’il nécessitait.
Le 7 février 18^7, on commença seulement les travaux de la restauration générale, tantintérieure qu’extérieure, de toutes les parties de l’édifice autres que celles peu importantes encorequi venaient d’être réparées, mais elle fut exécutée en deux périodes distinctes : la première, quise termina le 8 août 18^8, et la seconde à la fin de l’année 1866; la restauration, pour êtrecomplétée, a donc duré neuf années.
La première période de ces travaux (1) comprenait tout l’extérieur de l’édifice, l’installationdes nouveaux logements et services, et en général tous les grands appartements du premierétage, à l’exception de ceux à l’ouest, comprenant les salles Louis XIII et Henri IV et la grandesalle, suivis de ceux au nord, jusques et y compris la salle des banquets.
La seconde période a été remplie par l’exécution des ouvrages que ces dernières sallesnécessitaient.
Mais ces ouvrages, quoique exécutés en deux fois, ont été la suite les uns des autres, et ilsont eu pour but la réalisation du même programme; il n’y a donc pas lieu de les diviserquant à la dépense générale, et nous les comprendrons sous les mêmes dénominations.