CHAPITRE QUATRIEME. 67
à la critique du public, qui, en se prononçant avec une faveur marquée, facilita beaucoupl’exécution définitive du reste de la restauration.
Les gros travaux de cette entreprise, bien conduite par l’entrepreneur Riffat, et qui se composèrentdes maçonneries et pierres de taille, charpentes, échafaudages, toitures, plomberie, serrurerie,menuiserie et peinture, coûtèrent. 124,516 fr.
La silicatisation. ^422
Les travaux de sculpture. 41,068
Le traitement de deux employés supplémentaires pour l’agence des travaux. . . 4,^68
Soit en totalité la somme de. l 7 UJ 74 fr*
Cependant l’Hôtel-de-Ville de Lyon était toujours à l’extérieur dans la situation la plusdéplorable sur la grande étendue de ses façades, celle à l’ouest et le beffroi ayant seuls étéjusques-là l’objet de travaux de consolidation et de restauration.
Les toitures des ailes de l’édifice sur les deux rues latérales, établies sur des charpentes enbois de sapin, tandis que celles des pavillons étaient généralement en bois de chêne, avaient tousles caractères de couvertures provisoires, puisqu’elles étaient à comble bas, et simplement recouvertesen tuiles creuses (1); elles se trouvaient en outre en mauvais état, ainsi que celles des pavillons.Les planchers étaient altérés sur beaucoup de points; plusieurs étaient étayés depuis nombre d’années,d’autres étaient si peu sûrs, notamment tous ceux du premier étage dans l’aile sud, qu’il fallait lesrenforcer par des étampages chaque fois qu’il y avait à l’Hôtel-de-Ville des réceptions un peunombreuses. Enfin, comme sur la façade à l’ouest, les corniches, les couronnements de croisées etles cordons en pierre de taille, les sculptures présentant des reliefs, tout cela était dans un telétat de dégradation que ceux qui en ont été les témoins peuvent seuls s’en faire une idée.Nous pourrions leur rappeler ici ces ouvertures percées dans les façades mêmes, au travers desmoulures, voire même des sculptures, sans souci de la solidité de l’édifice et de la symétrie deses lignes architecturales, pour aérer de simples réduits ou éclairer des chambres sans importance.
A l’intérieur, la situation était tout aussi déplorable, et il est difficile de se rendre compteaujourd’hui de l’étendue et de l’importance des dégradations.
A commencer par les œuvres vives de l’édifice, il fallait non-seulement refaire presque toutesles charpentes, mais même une partie des planchers, au moins les réparer tous; les murs eux-mêmes avaient été profondément altérés par les cheminées ou les portes qui avaient été percées auhasard, soit pour satisfaire les caprices des occupants, soit pour obéir à des nécessités passagères, sanségard pour la construction proprement dite, et sans aucune espèce de précautions. Des aména-gements disposés sans utilité, les distributions les plus incommodes, l’état de ruine a peu prèscomplet des anciennes salles de réception, dont les décorations, autrefois si somptueuses, neprésentaient plus en général que des débris, tout cela constituait le tableau très-réel de la situationde l’édifice, après tant d’années d’abandon. Mais il fallait en outre pourvoir, dans une restauration,aux nécessités qu’imposait la nouvelle destination donnée à l’édifice. En effet, un événementconsidérable, le décret sur l’agglomération lyonnaise, en date du 2f mars 1872, avait complètementmodifié l’assiette administrative de la cité; les services de la municipalité et ceux de la préfecture
(1) Peut-être ces toitures avaient-elles brûlé au moment du grand incendie? Les documents que nous avons consultés n’en disant rien, on peutsupposer que la façon dont elles avaient été faites, provenait de la grande pénurie de ressources que nous avons constatée plus haut, à propos de cetaccident.