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MONUMENS ANTIQUES.
4 centimètres au-dessous de la base du podium. Par cette disposition ,le sable qui recouvrait toute la surface de l’Arène , recouvrait en mêmetemps les dalles de la couverture de l’aquéduc, sur une épaisseur suffi-sante pour empêcher les gladiateurs de se blesser en tombant. Les dallesdu recouvrement portent de 20 centimètres de chaque côté sur l’assisede pierres de taille du couronnement des mursj elles y sont en outreengagées par une entaille de 2 centimètres de profondeur. La pente dela base de l’aquéduc est dirigée, de chaque côté, du nord au sud, vers legrand aquéduc de sortie. Cette pente est indiquée par des flèches sur leplan général, planche XI.
Les murs de cet aquéduc ont une épaisseur dé 47 centimètres. Lapartie extérieure est adossée contre le poudingue dans lequel l’aquéducest entièrement engagé. Le mur du côté du podium est ouvert vis-à-visles deux portes de l’est et de l’ouest, pour recevoir les eaux d’un secondaquéduc intérieur dont nous allons parler. On voit, par l’examen duplan ( PI. XI) et par ce que nous venons de dire, que toutes les eaux del’Arène étaient promptement écoulées dans l’aquéduc intérieur : il resteà présent à faire connaître le cours de celles qui tombaient sur les gra-dins , dans les vomitoires et dans les galeries, par l’ouverture des grandsportiques extérieurs. Cet examen nous fournira une nouvelle preuve dessoins et des talens de l’architecte.
Nous avons dit que tous les gradins avaient une légère inclinaison d’uncentimètre sur le devant. Cette disposition facilite l’écoulement des eauxdu gradin supérieur sur l’inférieur, et ainsi de suite des uns aux autres.Mais la première précinction était défendue sur le devant par un parapetqui s’élevait de 54 centimètres au-dessus du marchepied : dès lors, leseaux pluviales qui tombaient sur les quatre rangs de gradins et le mar-chepied de cétte première précinction, arrêtées par le parapet ne pou-vaient s’écouler dans l’Arène. Les Romains auraient bien pu percer ceparapet au niveau du marchepied, et se débarrasser ainsi, dans le cirque,des eaux de cette précinction -, mais peut-être cette disposition aurait-ellenui à l’effet que devait produire à l’œil le magnifique parement dupodium *, peut-être aussi était-il peu convenable de gâter par des gout-tières ce beau revêtement si nécessaire à l’harmonie de tout l’édifice. Unmeilleur moyen s’est offert à l’architecte.
Pour se débarrasser des eaux de la première précinction, il a pratiquédes égouts à la base du premier gradin et au niveau du marchepiedauquel il a donné, à cet effet, une légère pente vers le gradin (PI XI 3fig‘ 1 , 2 ,3, 4? 5, 6 et 7 5 PL Xjig. 5). Ces égouts circulaires, taillésen cône sur dix centimètres de diamètre, servaient de passage aux eauxdes quatre premiers rangs de gradins, et les portaient derrière le murdu podium, par une petite conduite ouverte dans la pierre de taille du