62 MONUMENS ANTIQUES.
CONSTRUCTIONS DÉCOUVERTES AU MILIEU DE l’arÈNE.
Avant de passer à la seconde section de ce chapitre, nous croyonsdevoir parler de la découverte de quelques constructions que nous avonsreconnues lors du déblai général de l’Amphithéâtre , en 1809, et quiauraient pu donner naissance à des opinions éloignées de la vérité.
En déblayant l’Arène jusques au niveau du sol antique, le premierprojet fut de diriger toutes les eaux vers le milieu, et de les jeter dansun puits perdu : l’aquéduc circulaire dont nous avons parlé n’était pasalors découvert, et rien ne pouvait même faire présumer son existence.Ce puits fut construit en 1809, sur 2 mètres en carré, au milieu del’ellipse -, et pour en augmenter la capacité, on lui donna, au moyend’un petit aquéduc, une communication avec un puits voisin construitpar les Yisigoths et placé plus à l’ouest. Le poudingue se montrait par-tout à la surface de l’Arène, et cependant les déblais du puits ne présen-tèrent que des terres transportées sur une profondeur de 3 mètres 43centimètres. Ce genre de déblai dut faire présumer l’existence d’uneconstruction inconnue ou de quelque nouvel aquéduc. On fit continuerles fouilles, et l’on mit à découvert des murs en croix établis presquedans le centre et parallèlement aux axes de l’ellipse. Ces murs sont encoreconservés sur 3 mètres 4 o centimètres au-dessous de la base du podium 5à ce point, on reconnaît qu’ils ont été détruits et qu’ils devaient être, parconséquent, plus élevés. Ils existent sur les directions et les dimensionsponctuées sur le plan général (PL XI). Les extrémités en sont mutilées :on voit qu’ils étaient prolongés *, mais nous n’avons pas même reconnules traces des fondemens. Ces murs ne sont pas également espacés entreeux-, leur distance moyenne peut être déterminée à 8 mètres 25 cen-timètres.
En examinant attentivement ces constructions, on voit qu’elles ne sontpoint romaines, et qu’elles appartiennent à un siècle postérieur à celuide la fondation de l’Amphithéâtre. Le ciment n’est pas le même quecelui employé dans les autres parties du monument, et les paremens enmoellons smillés sont si grossiers, qu’on ne peut les confondre avec ceuxvéritablement antiques. D’ailleurs ces murs, quoique à peu près dans lecentre de l’Arène, ne sont pas établis sur des lignes précisément parallèlesaux axes -, d’où il est facile de conclure que cette construction est indé-pendante de l’Amphithéâtre.
Mais ces murs annoncent cependant un travail considérable, puisqu’ilssont entièrement engagés dans le poudingue*, dès lors nous devons sup-poser un puissant motif à leur établissement. Les murs construits sur legrand axe de l’ellipse sont élevés sur deux petites retraites : la première,