AMPHITHÉÂTRE. 65
de 9 centimètres de largeur, est à 27 centimètres au-dessus des fondemens -,la seconde, de 6 centimètres, se trouve à 1 mètre 54 cent, au-dessus de lapremière. Ces murs s’élargissent, à leur extrémité, par des doucines malétablies et plus mal construites : ils ont une épaisseur inégale de 60 à 70centimètres. Ceux établis sur le petit axe n’ont ni socle, ni retraite, nidoucine. Quel a donc pu être l’objet de ces constructions ? Ici on ne peutque retomber dans le vaste champ des conjectures. Mais il en est une quinous paraît fondée. Ces restes de maçonnerie indépendans de l’édifice ,par leur emplacement , leur forme et leur construction, sembleraientavoir appartenu à une église souterraine, bâtie par les chrétiens, dans lestemps de persécutions. Le plan en croix, l’existence souterraine de cesmurs au milieu des ruines de l’Amphithéâtre , alors abandonné, toutsemble se rapporter aux monumens de ce genre, élevés par la piétédes fidèles persécutés à cette époque de notre histoire.
SECONDE SECTION.
CONSTRUCTION.
Trois carrières ont été exploitées par les Romains, pour la construc-tion de l’Amphithéâtre . Toutes les décorations extérieures, la plupartdes gradins et le revêtement du podium de la première et de la secondeprécinction, ainsi que quelques portiques intérieurs, sont en pierresdes carrières de Baruthel; quelques gradins et tous les moellons smilléset de remplissage proviennent des carrières de RoquemaiLlère. Lapresque totalité des portiques des galeries du rez-de-chaussée, d’en-tresol, du premier et du second étage, sont exécutés en pierres des car-rières du pont du Gard . Les premières sont situées à 12,000 mètres aunord de la ville de Nîmes , sur la route d’Alais-, les secondes, au nord ettout près de Nîmes , sur la même route*, et les troisièmes à 600 mètres àl’est du pont du Gard , entre les routes de Paris et d’Uzès : elles sonttoutes calcaires et d’un grain plus ou moins fin.
La pierre de Baruthel est compacte, ferme et fine*, elle pèse 2,806 kilo-grammes le mètre cube *, elle est d’une très bonne qualité quand elle estemployée sur son lit de carrière*, et malheureusement les Romains n’ontpas pris toujours cette précaution : aussi voyons-nous des pieds-droitset une assez grande quantité de pierres des paremens des portiques exté-rieurs, entièrement décomposés et effeuillés, soit par l’effet du temps,soit par celui du poids des constructions supérieures.
La pierre de Roquemaillère est beaucoup plus forte et plus dure : ellepèse 2,5oo kilogrammes le mètre cube, et n’est pas interposée par bancsdans les carrières, comme celle de Baruthel*, elle peut, par conséquent,