AMPHITHÉÂTRE. ? 5
bout d’une des cordes attachées au câble circulaire de la portion fixe dumilieu de l’Arène, la traînaient sur les gradins jusques à l’attique, et lapassaient dans la poulie mouflée attachée au sommet du poteau circulaireextérieur correspondant à la corde. Ainsi s’élevait la tente sans aucunedifficulté. Cette manœuvre était jusque-là aussi simple que facile. Il enexistait sans doute une autre pour plier et déployer la tente les jours despectacle *, nous allons essayer de l’indiquer.
Martial , pour peindre le mouvement de la tente du Colisée , dit dansune de ses épigrammes : Vêla per funes iniêre ; ce qui indique d’unemanière précise que la tente se mouvait sur les cordes qui la portaient.Cette indication est d’accord avec la manœuvre suivante : cent vingtpetites cordes attachées au dernier anneau du velarium joignant le câblecirculaire de la partie fixe de la tente, passaient en même temps danstous les anneaux attachés sur la longueur du velarium. Ces cordes glis-saient ensuite sur autant de poulies arrêtées aux poteaux extérieurs. Ilest aisé de sentir que cent vingt ouvriers disposés sur l’attique, et agissanten même temps, ramenaient la tente qui glissait sur les cent vingt cordesfixes, et la serraient contre les poteaux extérieurs au-dessus de Fattique.C’est ainsi quelle se pliait.
On la déployait par la même disposition en sens inverse. Cent vingtautres cordes étaient attachées par un bout au dernier anneau intérieurdu velarium : l’autre bout passait dans une poulie fixée sur le câble cir-culaire de la portion fixe de la tente, repassait dans tous les anneaux duvelarium, et ensuite sur une seconde poulie attachée au poteau circulaireextérieur. Ainsi, cent vingt ouvriers déployaient la tente dans un instant.
La distance des principaux cordages sur lesquels glissaient les velaria ,était beaucoup plus considérable vers Fattique que vers le centre-, ce quil’obligeait de donner à chaque portion de la tente, entre les poteaux,une largeur égale sur toute sa longueur, afin de rendre possible son mou-vement. Il résulte de cette disposition forcée, que lorsque la tente étaitdéployée elle était parfaitement tendue du côté de Fattique, tandis qu’elleformait cent vingt plis du côté opposé joignant la partie fixé du milieu.Ces ouvertures pouvaient permettre aux rayons du soleil de pénétrerdans l’intérieur du cirque, et d’incommoder une partie des spectateurs ;mais cet inconvénient était facilement prévenu en plaçant au câble ellip-tique qui portait la partie fixe de la tente, une toile pendante dans l’inté-rieur, qui n’avait besoin que de dépasser de quelques centimètres lapartie la plus basse de ces plis.
Le même inconvénient existait au-dessus de Fattique , attendu que lesoleil pouvait pénétrer par le vide qui se trouvait entre la tente et lecouronnement de l’Amphithéâtre, et qui devait avoir toute la hauteurdes poteaux circulaires: mais on pouvait placer une tente verticale
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