CHAPITRE III.
MAISON-CARRÉE.
Après avoir parcouru , avec nos lecteurs, la masse imposante de l’Am-phithéâtre dans tous ses détails, nous allons passer à la description dutemple des petits-fils d’Auguste , vulgairement appelé Maison-Carrée. Siles Arènes imposent à l’imagination par le grandiose de leur architecture,l’esprit se repose délicieusement à la vue de la richesse et de la grâce del’autre monument ( PL XXI).
cc Que vous dirai-je de l’élégance , du goût et des proportions de la» Maison-Carrée de Nîmes ? Si l’on n’y prend garde, elle tombera ; un» de ses murs a perdu son aplomb ; on a vu des enfans poursuivre à coups» de pierre des oiseaux qui faisaient leurs nids dans ces feuilles d’acanthe,» si admirées et si dignes de l’être. » C’est ainsi que s’exprime l’auteur duVoyage d’Anacharsis, en parlant du temple des petits-fils d’Auguste , qu’ilappelle le chef-d’œuvre de l’architecture antique et le désespoir de lamoderne. Il gémit, avec tous les artistes et les gens de goût, de l’abandonoù on laissait ce monument.
Plusieurs opinions ont été émises sur la destination delà Maison-Carrée.Poldo d’Albenas prétend que c’était une maison consulaire, où se réu-nissaient les magistrats chargés de délibérer sur les affaires de la colonie.Dieron en fait un prétoire pour l’administration de la justice *, un troisièmeauteur, un temple élevé à Plotine par la reconnaissance d’Adrien. Toutesces opinions qui n’avaient aucun fondement solide sont tombées devantl’ingénieuse découverte faite par Séguier en 17 58, d’après les indica-tions et les instances de l’historien Ménard .
Séguier prit d’abord un calque rigoureusement fidèle des trous quiavaient reçu les crampons des lettres de l’inscription placée sur la frise ;il chercha ensuite à faire rapporter à ces trous des lettres onciales, etparvint à rétablir l’inscription suivante :
C. CAESARI, AVGVSU. F. COS. L. CAESARI. AYGYSTI. F. COS. DESIGNATO
PRINCIPIBYS IYYENTVTIS.
Elle indique que le monument était consacré aux deux fils adoptifsd’Auguste , Caïus et Lucius Cæsar , et qu’on y rendait des honneui*s à cesdeux princes de la jeunesse romaine.