MAISON-CARRÉE, 77
Les lettres qui composaient cette inscription étaient de bronze, commecelles de la plupart des inonumens antiques $ mais elles n’étaient pointengagées dans des rainures tracées sur la pierre, ainsi que celles de l’in-scription de la porte d’Auguste ; et lorsqu’elles furent arrachées, elles nelaissèrent de traces que les trous des crampons -, encore parait-il qu’à uneautre époque une seconde inscription a occupé la place de celle-ci 5 cequi a rendu le travail de Séguier bien plus difficile, et a laissé sans emploiplusieurs des trous de la frise.
D’après l’inscription restituée par Séguier, la Maison-Carrée aurait étébâtie l’an de Rome 754, et le i er de l’ère chrétienne, En effet, c’est à cetteépoque que se rapporte la première année du consulat de Caïus Julius César , et la désignation de son frère au consulat, ainsi que le titre dePrinces de la jeunesse, qui leur fut également donné par l’empereurAuguste . Ces deux princes furent les premiers qui reçurent ce titre , etil ne dut, par conséquent, point être omis dans l’inscription d’un monu-ment qui leur était consacré.
Nous sommes loin de vouloir élever aucun doute sur la dédicace del’édifice, ainsi expliquée par Séguier 5 mais nous osons penser que l’in-scription en l’honneur des petits-fils d’Auguste a pu n’être placée qu’aprèscoup , et succéder à une inscription plus ancienne, enlevée pour faireplace à celle-ci.
Cette opinion peut sembler paradoxale. Donnons-en les motifs, et lais-sons à des antiquaires plus savans le soin de les apprécier.
La première ligne de l’inscription de Séguier commence à 5 déci-mètres (1) de l’angle oriental de la frise, tandis qu’elle se prolonge jusquesà son extrémité occidentale, d’une manière choquante pour le coup d’œil,et contraire à la symétrie, qui n’a pu être négligée dans un monumentaussi parfait. Le G qui indique le nom de CAIYS est trop rapproché decelui qui le suit, et ne se trouve attaché que par un crampon, lorsquetoutes les autres lettres semblables en portent trois : ce qui peut fairecroire que l’on a voulu mettre à profit un trou déjà existant dans la pierre.Les lettres de l’inscription paraissent souvent espacées inégalement *, lestrous sont trop grands en beaucoup d’endroits, ils dépassent le corps dela lettre en beaucoup d’autres, et semblent avoir été recreusés soit enhauteur, soit en largeur : il en existe dont il est même impossible de serendre raison et de faire emploi, avec la seule inscription de Séguier ;tel est celui que l’on voit après l’I de DESIGNATO.
(O Voyez l’inscription de la Maison-Carrée, dans le septième volume de !’//•, w 7
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