78 MONUMENS ANTIQUES.
On aperçoit clairement après l’A du second mot A VG VSTI, les traces dedeux VV. Les mots PRINCIPIBVS IVVENTVTIS se trouvent, contrel’usage ordinaire 0), renvoyés de la frise à l’architrave, qui, à coup sûr,n avait pas été primitivement destinée à recevoir une inscription, commele prouve évidemment la continuité du profil et des ornemens sur les-quels les lettres ont été appliquées. Enfin cette dernière ligne de l’in-scription n’offre que très peu ou point d’incorrection dans la place etl’emploi des trous’, tandis que dans la première, où nous présumonsl’existence d’une inscription antérieure, les erreurs sont tellement mul-tipliées, qu’il faudrait supposer, en rejetant notre hypothèse, une mal-adresse trop grossière dans l’ouvrier qui les aurait commises, et undéfaut de soin inexcusable dans l’architecte , défaut qu on ne peutretrouver nulle autre part dans l’exécution de ce monument.
Sans donner à nos observations plus de poids qu’elles n’en méritent,elles suffisent du moins pour élever un doute, et provoquer un éclaircis-sement. S’il résultait, par exemple, de l’examen approfondi qui pourraiten être fait, que les trous fussent inégalement creusés, que celui qu’onvoit après l’I de DESIGNATO, ou tout autre non employé dans l’in-scription, gardât encore quelques traces du métal de la lettre ou du scel-lement en plomb, il faudrait nécessairement en tirer une conclusionfavorable à notre supposition. Il resterait alors à trouver cette premièreinscription, et peut-être ne serait-il pas impossible d’y parvenir.
On sait, du reste, que le changement et la substitution que nous sup-posons , ne sont pas sans exemple dans les monumens antiques. Nouspouvons citer l’altération qu’a évidemment éprouvée l’inscription de l’arcde Sévère, à Rome . Caracalla , devenu fratricide, en fit arracher le nomde sa victime pour y substituer ces mots OPTIMIS FORTISSIMIS QVE
PRINCIPIBVS, sous lesquels on distingue encore parfaitement les tracesdu nom et des titres de l’infortuné Géta .
La .Maison-Carrée, le monument le plus pur et le mieux conservé del’antiquité, dont les détails d’exécution sont au-dessus des dessins lesplus corrects, que Colbert voulait faire emporter à Paris pour formerle goût des architectes de son siècle-, que le cardinal Alberoni jugeaitdigne d’être recouverte d’une enveloppe d’or -, ce monument, disons-nous , doit être décrit avec le plus grand soin, même avec les irrégula-rités qu’on y remarque, parce que tout en architecture de la part desRomains, dans le siècle d’Auguste , doit nous paraître respectable. D’ail-