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considerer en quelque façon comme appartenant à vostre Academie,quoyque je ne puisse pas estre présent. J’ay quelques autresexpériences considérables dont je prétends vous régaler un jour.Cependant je vous supplie, Monsieur, de concerter cette affaire avecMr. l’Abbé Gallois, à qui j’en ay écrit autrefois. Vous m’avés déjàtémoigné tant de bonté, et vous avés tant fait pour moy, que j’oseencor esperer cette faveur. Je souhaiterois un mot de réponse queMr. Brosseau resident d’Hannover, demeurant dans la rue des Ro-siers , derrière le petit S. Antoine, me fera tenir. Je suis aveczele etc.
VI. . -,
LEIBNIZ A HUYGENS.
Mb. J’ay esté bien aise d’apprendre par celle que vous m’avés faitl’honneur d’écrire du 22 de Novembre, que le petit morceau duphosphore vous a esté rendu ; mais bien plus, qu’il me semble d’ypouvoir remarquer que vostre indisposition est passée ou diminuée,ce que je souhaite de tout mon coeur. Il est vray que le phosphorecesse de luire enfin quand il n’a point d’air nouveau, cela me con-firme dans mon opinion, dont je croy d’avoir parlé dans ma pre-mière , que c’est un véritable feu, assez fort pour estre veu, maisnon pas assez pour se faire sentir à l’attouchement. Or le feua besoin d’air nouveau. II me paroist encor remarquable qu’ilcesse de luire, quand on souffle contre, car, lorsqu’on chasse l’airen soufflant, ce mouvement trop rapide de l’air empeche le phosphored’en profiter.