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qui est peu de chose, et je vous ay desia assuré cy-devant quevous ne scauriez l’ignorer. Toutefois si c’est celle-là, je vous l’ex-pliqueray très volontiers, estant entièrement, etc.
XXX.
LE M. DE L’HOSPITAL A HUYGENS.
Paria ce 18 Janvier 1694.
Je suis si fort occupé, Monsieur, à cause de la mort de Mr. le Mar-quis d’Antremonts, Lieutenant-General des provinces de Bresse,Bugey etc., oncle de ma femme, et dont elle hérité , que je n’ai pasun moment de loisir pour songer aux sciences. 11 a laissé beaucoupde biens, mais bien des affaires et des procès, et c’est ce qui ne meconvient gueres, cependant il faut tacher d’en sortir. Je vois parvotre lettre que je n’avois point compris , ce que vous me demandiez,touchant la courbure de la voile, puisque je croyois que vous sup-posiez le nombre des rectangles égaux infini, et c’etoit seulement danscette supposition que Mr. Bernoulli prétend que la courbure est lamesme que celle d’une cliaisne. Comme il n’etoit point question alorsd’un nombre déterminé de rectangles, je ne scais point positivementsa pensée la dessus, mais autant que j’en puis juger par ses princi-pes , la courbure doit estre alors differente. Je n’y vois presque nulinconvénient, car il peut fort bien arriver que plus le nombre desrectangles est grand, plus aussi la courbure de la voile approche decelle de la cliaisne, et qu’elle devient enfin la mesme lorsqu’il estinfini.