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XXXIV.
LE M. DE L’HOSPITAL A HUYGENS.
A Parta le 21 Février 1695.
Je n’ai receu qu’a mon arrivée à Paris, Monsieur, vôtre lettre du27 Janvier, et comme il n’y a que peu de jours, ayant été longtempsen chemin, je n’ay pu vous faire réponse plutost. Je prens toutela part possible à votre incommodité, et je souhaiterois bien quecela ne retardast point l’impression de vos excellens ouvrages. Neferez vous point paroitre votre pendule qui ne craint point les se-cousses de la mer ? il me semble que cette invention meriteroit biend’être publiée.
Je ne doute pas qu’autrefois Mr. Bernoulli, le médecin, n’eustaccepté la proposition que vous me faites pour lui, mais à présentqu’il est établi à Basle, s’y estant marié, et s’etant fait passer doc-teur en medecine, je ne scais s’il voudra prendre ce parti. Il mesera cependant très facile de vous éclaircir la-dessus , car je n’ai qu’àle lui mander, et, sans commettre en aucune sorte Mrs. les Curateurs,je saurai positivement dans quel dessein il est : mais auparavant jecrois qu’il seroit à propos que vous me lissiez sçavoir ce que vautcette chaire de mathématique, afin qu’il puisse prendre la-dessus dejustes mesures, ainsi j’attendrai votre réponse avant de rien faire.
Je serois bien aise que votre derniere réponse parut, car Mr.Renaud trouve toujours ici des partisans, et meme Mr. Bernoulli,le médecin, m’a mandé qu’il était de son sentiment, et m’en a ap-porté des raisons, dont je vous ferai part si vous le souhaitez. Jevous prie cependant de n’en point parler. Je suis etc.
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