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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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BOTANIQUE.

Une solution trop épaisse de gomme ou d'en-grais, l'eau de fumier par exemple, ne pénètrepas dans les racines, quoiqu'elle soit éminem-ment nourrissante.

Les liquides corrosifs , tels que les acidesconcentrés ou peu étendus, les dissolutions desulfate de cuivre , détruisent l'extrémité de laracine, et y pénètrent avec une grande facilite.

Daus la racine, le liquide absorbé prend lenom de sève.

2° Ascension de la sève. De la racine lasève monte dans le tronc, et, sous le nom desève ascendante , elle s'élève à travers tout lecorps ligneux dans les arbres à bois mou : maisdans ceux tels que l'Ebène, le Chêne , où le boisdevient très-dur , et dans ceux où le bois estdétruit, tels que les Saules creux de nos prai-ries, elle ne monte que par l'aubier.

La sève passe par les vaisseaux sévrui. —MM. Link et Meyen l’ont vue sortir de ceux dela Vigne et du Bouleau , et ont coloré ces vais-seaux en bleu en faisaut péuélrer dans laplante une dissolution d'hynrocyanate de po-tasse, puis une autre de sulfate de fer.

M. Boucherie a heureusement appliqué celteexpérience à l'industrie. 11 a plongé des ar-bres avec leurs racines ou récemment cou-pés pendant qu'ils sont en sève dans des so-lutions diverses destinées , soit à rendre lesbois durables et presque incombustibles, soità les colorer pour en faire des ouvrages d’é-bénisterie.

liâtes, en fixant nu bout d’un tronçon de Vi-gne un tube recourbé deux fois et rempli demercure, vit que la seve pouvait soulever unecolonne de mercure de liricentimetres, c'est-à-dire d'une atmo?>phère et demie environ.

La chaleur, la secheresse et l'agitation del'air, le nombre et la grandeur des feuilles ,concourent au même résultat; l'évaporationétant plus rapide, l'absorptiou devient plus ac-tive.

Qu'on introduise au milieu de l'hiver unebranche de Vigne dans une serre chaude , lasève ne tardera pas à monter; et la branchese couvrira de feuilles et quelquefois defleurs.

La sève monte avec une grande vitesse.Ilales introduisit une racine d'un Poirier dansun tube rempli d'eau et plongeant dans unbain de mercure; le mercure s'éleva dans letube de 21 centimètres en 6 minutes pourremplocer le liquide absorbé. Ayant introduitdans le tube une branche coupée, le mercuremonta de 13 centimètres en une demi-heure.

La quantité de sève qui s'élève dans un ar-bre varit-suivant les espèces. Un Bouleau , unErable à sucre ou une Vigne en absorbent auprintemps une quantité égale à leur poids.Elle est aussi très-abondante dans les Pal-miers , les Peupliers, VAgave americana ,et en général dans les arbres à bois mou.

La sève ne suit pas une roule déterminée.Là où elle trouve un obstacle ou une solutionde continuité, elle se dévie pour les éviter.Ilales üt sur le tronc d’un arbre des entailles àdiverses hauteurs combinées de façon que sielles eussent toutes été dans un même planhorizontal, le tronc de l’arbre eût été entiè-rement coupé. Par conséquent tous les fais-ceaux ligneux qui le composent se trouvaientdivisés par l'une ou l’autre des incisions; lasève n'eu continua pas moins à monter dansce tronc.

Mustel intercepta le chemin direct de lasève en faisant une profonde entaille au-des-sous d’une branche; celle-ci s’accrut commeauparavant.

La sève arrive enfin dans les feuilles où elle

est mise en contact avec l'atmosphère qui lamodifie. | Voyez Respiration végétale.)

3° Sève descendante. Des feuilles la sèvemodifiée par l'action atmosphérique redescendle long des branches et du tronc. On la nommealors sève descendante, ou cambium, lors-qu'elle est iucolore; latex lorsqu'elle est co-lorée.

Le cambium descend entre l’arbre et leliber et détermine la formation d'une nouvellecouche d'aubier qui est en dehors des pré-cédentes , et d’une nouvelle couche de liberqui est en dedans des plus anciennes.

Le latex est blanc dans les Eupborbiacées,les Pnpavéracées, les Apocynées ; jaune dans laChéliooine { Chelidontum ma jus), le Glau -cum luteum, etc. ; rouge dans les Sangui -naria, vert dans le Pourpier, etc. II contientdu caoutchouc dans le Siphonitt elastica , del'albumine, du sucre et de la cire dans l'ar-bre à lait ( Galactodendron utile), dont lasève est nourrissante de même que celle deVAsdepias lactifera y et de YEupnorbia bal •samifera.

Dans le pavot somnifère ( Papaver som-ni/erurn), le latex est riche eu opium, et engomme-résine dans l'arbre qui fournit lagomme-guite.

Les feuilles de la Chélidoine, les stipules duFicus elastica, permettent de voir, à l'aidedu microscope, le fluide circuler dans lesméats interrelluiairos appelés par quelques-uns vaisseaux du latex.

Celte circulation est favorisée par la Cha-leur; arrêtée par des secousses électriques eul'action des styptiques, tels que l'aluu et l'acidesulfurique.

4® Gyration. Outre cette circulation gé-nérale des sucs, il existe encore une circula-tion intracellulaire locale qu'on a nomméegyration.

Elle a élé découverte , en 1772, par l'abbéCorti sur la Cbaraigue flexible ( Chara flexi-iis ).

Les tiges de cette plante aquatique se com-osent d'une série (le cylindres creux ajoutésout à bout et complètement séparés les unsdes autres par des cloisons.

Si on place sous le microscope un de cescylindres, on voit un liquide charriant des gra-nules verts qui se meut parallèlement àl’une des parois, arrive à la cloison , se réflé-chit sur lui-même pour descendre eu senscontraire le long de la paroi opposée.

Fontawi revit ce phénomène en!776;Tre-viramis en 1806.

En 1818, Gozzi essaya le premier de fairedes ligatures au milieu des cylindres ; et il vitdeux courants au lieu d'un, la ligature faisautl'effet d'une cloison.

Amici, en 1820, découvrit qu'il y avait dansles parois des articles des bandes de chapeletscomposés de petits granules. Il remarqua enmeme temps que les courants étaient paral-lèles à ces chapelets. Aussi, dans les jeunesplantes ces bandes, ainsique le courant, sontparallèles à l'axe de la plante. Plus tard leschapelets se contournent en hélice, et les cou-rants suivent la môme direc tion.

si un granule se trouve entre les deux cou-rants, dont l’un estascendaul, l’autre descen-dant, il tourne sui lui-mémesaus changer deplace.

Suivant M. Dulrochet, la vitesse de cettegyration est à peu près d'un millimètre en 3où 38 secondes. ,

Elle a encore lien dans l'eau au-dessous dezéro, et dans celle à 45° au-dessus. C’est entre

12 et 15° qu'elle est aussi rapide que possible.