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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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SOI

LOGEMENT DE L’HOMME. CONSTRUCTIONS EN GÉNÉRAI,.

8f)2

cipes les plus rigoureux fie géométrie des-criptive. (Voir col. 165 à 18ü.)

I,a connaissance de la résistance des maté-riaux (col. 7G3), combinée avec les principesde statique, apprendra d'ailleurs à donner auxdirrérentes parties du corps d’une construc-tion les proportions convenables.

il y a des cas où la duree pourrait ne pasêtre conforme à ce que l'on aurait préjugéd'après la résistance apparente. Ainsi lespierres géli'ves paraissent quelquefois detrès-bonne qualité . et cependant, lorsqu'ellesviennent à être exposées à l'humidité , aprèsavoir subi un froid ititeuse, elles éclatent sousl’effort de dilatation de l'eau qui les pénètreet se congèle è l’intérieur. Le procédé deM. Brard, pour la reconnaître, consiste à lesplonger dans une dissolution concentrée desulfate de soude, qui détermine leur exfo-liation.

D’un autre côté, certaines préparationspeuvent singulièrement prolonger la forceportante instantanée, et surtout In résistancepermanente. Au premier rang il faut rangirla belle découverte de M. Boucherie pour laconservation du bois (col. 4<*7!. Cet habileexpérimentateur a même étendu ses procédésè la préparation des bois nouvellement abat-tus et divisés en tronçonsde toutes longueurs.Il suffit, pour imprégner ces pièces de diver-ses liqueurs, de les placer \enicnlement , cld’adapler à leur extrémité supérieure un ré-servoir en toile imperméable que l’on lientconstamment rempli , è une hauteur et pen-dant un espace de temps suffisants, des disso-lutions salines ou colorées dont on fait choixpour donner au bois des qualités ou une ap-parence nouvelles.

Les mortiers et ciments offrent l’exemp'esingulier et populaire de substances pour laconsolidation desquelles le temps Joue unrôle majeur. On donne le nom de mortier aun mélange de chaux éteinte et d’une sub-stance pulvérulente. Les chaux grasses sontcelles qui sont composées de carbonate decbauipur; les pierres è chaux hydrauliquesrenferment de 10 è 30 p. 100 d'argile, et leurhydrauheité, leur énergie, c’est-à-dire lapromptitude de leur durcissement sous l’eauaugmente avec la proportion d’argile , dansces limites. Les pouzzolanes naturelles ouartificielles sont des substances qui, mélan-gées avec la chaux grasse, donnent des mor-tiers hydrauliques L’énergie des pouzzolanesse mesure aussi à la promptitude de la priseen corps du mortier ainsi formé.

La convenance réciproque des chaux et despouzzolanes varie suivant la nature de la con-struction où on les emploie, aussi bien que se-lon leur énergie. Dans notre climat pluvieuxei humide, les proportions les meilleures pourun ouvrage immergé peuvent convenir pour-une construction en plein air. Ce qu’il fautremarquer, c’est que les deux ingrédients ,chaux et pouzzolane, se conviennent d’autantmieux, donnent un mortier d’autant meilleur,que leurs propriétés sont plus differentes. Lapouzzolane la plus énergique, comme celleo Italie , convient à la chaux grasse; ta moinsénergique ou le sable siliceux pur, à la chauxla plus hydraulique; la pouzzolane médiocre,mélangée avec une chaux moyennement hy-draulique, donne un meilleur mortier que lachaux grasse avec le sable, ou qu’une pouzzo-ane énergique avec une chaux trés-hydrau-lique.

Ces résultats remarquables et l’art de fabri-quer de toutes pièces la chaux hydraulique ,sont dus à M. Yicat, que nous avons déjà eu

occasion de ciler (col. 703). Le désititereKse-ment avec lequel cet illustre ingénieur a li-vré à la publicité des découvertes qui ontenrichi notre pays contribue à lui assurerune gloire impérissable.

On a désigné improprement 60 us le nom deciment romain des piiities-ciments c oui-posés de carbonate calcaire et d’argile qui,après la cuisson, jouissent de la propriété re-marquable de durcir dans l'nir ou dans l'eau,en tres-peu de temps , lorsqu'on vient à lesgâcher avec de l’eau eu quantité sullisante.Les Romains n'ont jamais rien emp oye depareil , et nous sommes loin d'avoir à leurenvier un prétendu secret sur la compositionde leurs ciments.

La chaufournerie est donc une industriequi marche guidée par la théorie non moinsque par ('expérience La fabrication des bri-ques , des carreaux et des luiles, a fuit aussiquelques progrès depuis plusieurs années

Fondations des constructions de toc r gkniib.— Lu première condition de durée d’un édi-fice , c'est qu’il soit solidement assis sur sabase. Or, on rencontre souvent de grandesdifiioulles pour cela. Tantôt le terrain esicompressible ou mobile à divers degrés , desorte qu'il s'affaisserait sous le poids seul derédillre; tantôt les eaux abondent dans lesfouii'es que l’un creuse pour y établir les fon-dations; ailleurs enfin , c'est à une grandeprofondeur, au-dessous du niveau des fleuvesou de l’Oceau, qu'il faut aller chercher un ap-pui. Dans beau* oup de cas , on se ronlcute «lebal ire des pieux ou pilots , à l’aide de la ma-chine connue sous le nom de sonnette , quisert à élever et à laisser retomber brusque-ment sur la tète de chaque pieu un moutonou masse d'un poids considérable. Le terrainest affermi et consolidé p u- ces pieux , sur lalète desquels on asseoit un grillage , destinéà porter les fondations.

Depuis long-temps on emploie à Surinam unprocédé tres-économique qui remplace ave»'avantage les pilotis dans les terrains très-compressib.es et où l’on n’a pas à craindre destiliraiions intérieures. On établit In base desédifices sur un simple massif de sable, par le-quel on remplace le sol mobile de la fouilledes fondations. C’est en 1822 que M. Devilliers,aujourd'hui inspeeleur divisionnaire des ponis-et-ihaussées, appliqua pour la première foisen France ce procède, sur une grande échelle,dans les travaux du canal Saml-Marlin. En183U, à Bayonne , un pilier en maçonnerie dupoids de 10 tonnes a été chargé de 20 tonnesde plomb, et sous celte » barge énorme il nes'est pas affaissé, quoique le terrain fût vaseuxet très-compressible; mais la base du pilierportait sur un massif de sable d'un mèire dehauteur. Le colonel Durbarh u eu Flieuremeidée de remplacer les pilols en bois, qui srpourrissent promptement dans les terrains ex-posés à des alternatives de sécheresse et d’hu-midilé, par des pilots incorruptibles en sab e.fin pieu qui sert de moule est battu et retirésuccessivement dans divers points de terrainà consolider; el dans le creux qu'il laisse à s.,place, on roule soit du sable pur, soit du sablemortier, composé de sable et de 1/8 d’un laitépais de chaux hydraulique, si l'on craint desinfiltrations souterraines.

La cloche à plongeur est employée avecsuccès pour la confection d’ouvrages qui exi-gent la présence de l'homme à une grandeprofondeur sous l'eau. Un verre que l'on tientrenversé en l'appuyant dans une terrine pleined'eau en donne une idée netie. L’air contenudans ce verre ou dans cette cloche est corn-