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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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ART MILITAIRE,

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brité, car c'est en l’adoptant pendant l'enga-gement des (deux armees qu'Aonibal rem-porta sur les Romains la fameuse victoirede Cannes . Au lieu de disposer l’armée sui-8 bis. _

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vont une courbe, il parait plus rationnel delui donner la figure d'une ligne brisée ren-trant vers le centre et échelonnée. Cet ordren*a pas l’inconvénient de prêter le flanccomme le demi-circulaire. Néanmoins ilperd également ses avantages si l'eDnemi,au lieu de s'enfoocer vers le centre, donnesimplement sur les ailes. Au surplus, c'esten se formant sur cet ordre échelooné que lesAnglais ont gagné les deux célèbres victoiresde Orécy et d'Azincourt .

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9° L'ordre convexe saillant au. centre seprend ordinairement apres le passage d'unfleuve, quand on est forcé de refuser les ailespour demeurer appuyé au fleuve et couvrirles ponts, ou bien encore avant le passaged'un fleuve et pour les mêmes raisons. L’ar-mée française te prit A la bataille de Fleurus en 179-t, et réussit, parce que le prince deCohourg, au lieu de diriger toutes ►es forcessur le ceutre , les éparpilla en différentes di-rections, et notamment sur les deux ailes.Ce fut aussi l'ordre de l'armée française A labataille d’Essling.

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10° L 'ordre échelonné sur les deux ailesest à peu près dans le même cas que l'ordreperpendiculaire sur les deux ailes. Cepen-dant il y a cet avantage que le centre étantmoins ouvert, il n'est pas aussi f.icile à l’ennemi de s'y jeter et de diviser l'armée.

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\ 1 ° Vordre échelonné sur le centre peutêtre employé avec succès contre une arméetrop étendue, parce que te centre n'etant passoutenu par les ailes pourrait être accablésans difficulté dans cet isolement. Mais si lesailes ennemies pouvaient venir tomberà propos sur les flancs du premier échelon,te succès de la bataille pourrait se trouverpromptement compromis. Il y a un exemplede cette disposition dans l'attaque du campretranché de Bunzetwite parLandon.

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12° L'ordre en colonne sur le centre etsur une aile est encore préférable au pré-cédent pour l'attaque d'une ligne contiguë.Il est peut-être même le plus rationnel de tousles ordres de bataille, l.'aile qui se trouve•erree entre l'attaque du centre et celle de

l'extrémité est exposée à une perte presquecertaine qui entraîne celle du reste de l'ar-mée. Ce fut cet ordre de bataille qui fit triom-pher Napoléon aux affaires de Ligny et deWagram. Il employa également c. tte man-œuvre à Bautzen et à Borodino, mais avec unsuccès moms décisif, à cause d'incidents par-ticuliers qui dérangèrent ses calculs. Nousdevons observer, remarque au sujet de cet or-dre de bataille le général Jomini , que ces dif-férents ordres ne sauraient être pris au pieddelà lettre comme les ligures géométriquesqui les indiquent. Un général qui voudraitétablir sa ligne de bataille avec la même ré-ularité que sur le papier ou sur une place'exercice, serait incontestablement trompedans son attente et battu, surtout d'après laméthode actuelle de faire la guerre. Au tempsde Louis XIV et de Frédéric, lorsque les ar-mées campaient sous des tentes presque tou-jours réunies ; lorsqu'on se trouvait plusieursjours face A face avec l’ennemi ; qu'on avaitle loisir d'ouvrir des marches ou chemins sy-métriques pour faire arriver ses colonnes adistances uniformes, alors on pouvait formerune ligne de bataille presque aussi régulièreque sur les figures tracées.

» Mais aujourd'hui que les armées bivoua-quent, que leur organisation en plusieurscorps les rend plus mobiles, qu'elles s’abor-dent A la suite d'ordres donnés hors du rayonvisuel, et souvent même sans avoir eu letemps de reconnaître exactement la positionde l'ennemi ; enfin, que les différentes armesse trouvent mêlées daus la ligne de bataille,alors tons les ordres dessinés au compas doi-vent nécessairement se trouver en défaut.Aussi ces sortes de figures n'ont elles jamaisservi qu'à désigner uue disposition approxi-mative, un système. »

§ 2. Stratégie

Définition. — La stratégie est l'art de déter-miner les points décisifs du théâtre de laguerre, et les lignes suivant lesquelles lesarmees doivent se mouvoir pour les attein-dre.

La détermination de l'armée et celle duthéâtre de la guerre, quoique dépendant, Aproprement parler, de la politique, se ratta-chent aussi par certains côtés à la stratégieelle-même.

Les objets principaux qui résulteut de taconsidération stratégique du théâtre des opé-rations sont au nombre de cinq.

t° La base d'opérations est l’étendue deterritoire avec lequel l'armée doit demeu-rer eo communication, pour en tirer sesressources et ses renforts, s'y réfugier en casde revers, en partir dans le cas de l’offensiveet s’y appuyer dans le cas de la défensive.Une frontière douée de bonnes barrières na-turelles ou artificielles est la meilleure baseque l'on puisse trouver.

Une armée ne peut guère prendre la merpour base, que si l'état auquel elle appartientest maître de la mer. C’est A cette conditionque les Anglais ont pu adopter une semblablebase pendant la guerre de Portugal .

Quant à la direction, les bases coudées em-brassant deux des côtés du théâtre de i«guerre offrent d'incontestables avantages.Lorsque la base est recliligne, le prinreChar-les la préfère parallèle A celle de l’ennemi,comme moins facile à couper; Jomim tapréféré perpendiculaire, comme servant acouper l'ennemi plus facilement.

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