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HILOSOP1UE AU MOYEN AGE,
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c'est-à-dire qu'il a été seulement permis. Ilsle font venir eu partie de la liberté humaine,en partie aussi de l'inOucuce des mauvais es-prits.
L'ôrae humaine fut d'abord conçue par lesPères comme corporelle ; ensuite et toujoursles Pères platoniciens, et do plus Némésius etAugustin , la conçurent comme spirituelle.
La morale des Pères, forte et sévère, élèvel'homme vers la sphère supérieure aux sens,mais n'offre point les caractères et la liaisond'un véritable système. Son principe est lavolonté de Dieu et l'obéissauce à cette vo-lonté ; les moyens qui la font connaître sontla Bible et la raison, mais surtout la bible. Lavolonté de s'unir à Dieu produit la vie bien-heureuse. La sincérité, l'amour de l'huma-nité, la résignation, la chasteté, sont les prin-cipales vertus qu'ils recommaudent ; mais ilsportent les deux dernières à une rigueur ex-cessive.
Adgdstim, né à Tagaste, en Afrique , l’an 35%,fut l’un des plus grands esprits entre les Pèresde l'Cglise latine. D'abord manichéen , puisconverti à l'orthodoxie par l'éloquence d'Am-broise, à Milan 1387), puis évêque d'ilipponc(405), et long-temps partisan du libre arbitre,il abandonna vers la lin de sa vie cette idéepour le fameux système dans lequel il soutientque, depuis le péché originel, l'homme aperdu l’immortalité et la liberté de s’abstenirdu péché , mais qu'il a conservé la liberté dele commettre; que, par conséquent, c’est Dieu seul qui produit immédiatement la volonté debien faire [la grâce) , et qu’il accorde ou re-fuse cette grâce à qui il lui plaît. 11 futamené à ce système contraire à la nature del'ordre moral en s'attachant strictement ù lalettre de la Bible , dans sa dispute avec leBreton Pélage , qui vint d'Irlande en Afrique avec son aini Cœlestius, et qui attribuaità l'homme la vraie puissance de faire le bien.
Ce qu’on a écrit de plus profond sur la li-berté et sur la grâce , c’est peut-être le pas-sage d’Origène où il compare l’âme humainesous le souffle divin à un navire qui marchevoiles déployées; le vent le pousse, mais il aun pilote pour se diriger.
Par l’autorité du nom d’Augustin , le der-nier système supernaturaliste de ce grandhomme, le système absolu de la grâce, d'ail-leurs en harmonie avec la prostration dumonde romain en proie de toutes parts à l'in-vasion des Barbares, prévalut, et devint lepivot de la science dogmatique en Occident dans les temps de barbarie et d'ignorance queuous allons traverser.
Avec Boèce (né en 470), auteur du traité de('Onso/aiione Philosophiœ , et Cassiodore lue en 575|, auteur du livre de Septem Dis-ctplims, tous deux éclectiques, s’éteignirentles lettres classiques en occident.
L’Anglo-Saion Bède , surnommé le Vénéra -<>/<;,ne en 673), composa, à l'aide des ouvragesde Boece et de Cassiodore , ses abrégés, danslesquels puisa bientôt après l’Anglais Alcuin ,quand Charlemagne , si supérieur à son siècle,appela à sa cour pour enseigner les sept artsioeraui,ou le trivium (la grammaire, la dia-r 8 rhétorique) elle quadrivium (laLeotnétrie, l'arithmétique, l'astronomie et lamusique) comme on disait alors.
$ 7. De [a Philosophie au moyen âge.t..i? r iüi- Ic8 rares ^hris du monde intellec-strue?mn <lue éta . 1 . t cacljé le 8 ern, e d'une in-ilJ U îh^ n no ' ne,le et d’une nouvelle manièrei/rmV ;?f opher ( l ue l’on appela la Scolas-i parce quelle se forma principalement
dans les écoles fondées par Charlemagoe etdepuis.
La philosophie scolastique , qui se déve-loppa plus ou moins pédautesquement danstoutes les universités, et particulièrementdans celle de Paris , avec beaucoup d'éclat,consistait dans l'application de la dialectiqueà la théologie, telle qu'Augustin l’avait établie,et dans l’intime fusion de ces deux sciences.
On peut diviser l'histoire de la philosophiescolastique en quatre époques, déterminéespar les relations diverses de la philosophie àla théologie.
Durant la première époque, qui commenceavec le neuvième siècle et s’éteud jusqu'auonzième, à peine quelques lueurs douteusesperçaient de loin en loin les ténèbres que lahiérarchie imposait à la raison ; la philoso-phie était la très-humble servante de la théo-logie ( ancilla theologiœ). On cite commeun phénomène extraordinaire les connaissan-ces en latin et en grec de l’Irlandais JeanScot, appelée» France par Charles-le-Chauve ,puis persécuté comme hérétique, et mort en886. Scs opinions franches et éclairées sur lesdisputes de son temps, son amour pour la phi-losophie d’Aristote , auraient pu avoir uneinfluence plus salutaire sur son siècle, sansles proscriptions qu'on fulmina contre lui.Apres l’Auvergnat Ccrbert, pape en U99, quiavait acquis à Cordoue une connaissanceétendue de la philosophie aristotélique desArabes, on peut citer Berenger de Tours , cé-lébré par sa liberté de penser touchant latranssubstantiation; Lanfranc , son adver-saire ; Anselme d’Aoste , regardé comme unsecond Augustin , et l’inventeur de la méta-
^ sique scolastique ( mort en H09 ) ; Hilde-t de Tours (né vers 1050), qui égala, dit-on, Anselme pour l'habileté dialectique, ettenta le premier de populariser la théologiepar ses écrits [Tractatus philosophicus ,Moralis Philosophia).
La seconde époque delà scolastiques'ctenddu onzième siècle jusqu'aux premières annéesdu treizième, et se distingue par un esprit unpeu moins servile. L’exercice de la dialectique,et eu particulier l'explicationd’un passage deL’introduction de Porphyre à YOrganum d’A-ristote concernant les diverses opinions des éco-les platoniciennes et péripatéticiennes sur lavaleur des idées de relation , telles furent lescauses qui provoquèrent les fameuses divi-sions des Jléalistes et des Nominaux, dontles uns suivirent Platon, les autres Aristote .Ces divisions sans lin n'eurent que le minceavantage d'aiguiser encore davantage la sub-tilité de l’argumentation. Cette longue dis-pute fut commencée par Jean Rosceliu, lequelsoutint, au sujet des idées générales des gen-res et des espèces, qu'elles ne sont rien quedes noms ou des mots [flatus ojocis ), et nondes types préétablis, des choses réelles ( uni-versatia ante rem),
l.e célèbre Abailard , né à ralais, près deNantes , en 1079, avec une liberté d’esprit qu’onne saurait trop admirer à une telle époque,entreprit de reproduire et d’expliquer par desprincipes rationnels les dogmes obscurs de lareligion chrétienne , et principalement celuidelà Trinité . Son génie philosophique et sonéloquence attirèrent une foule incroyable dejeunes gens aux écoles de Paris . Mais sagloire lui attira l'envie et les persécutions,particulièrement du théologien Bernard, qui,en sa qualité de saint, aurait dû être plus in-dulgent pour cet homme illustre et malheu-reux ( mort è Clugny en 1142).