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LITTÉRATURE.
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parvenu Jusqu’à nous. (Voy. Cicéron , de Orat.,ni, 7 ; — Quintilien , x, ) ; - Denys d’ilali-carnasse). lllustravit F .-G. Kiessling. Halle,1832.
l T n disciple d'Isée ( né dans le bourg de Péa-nion dans FAltique, la -i* année de la OS*olympiade!, vit imminente la chute de sa pa-trie et, pour la prévenir, brisant les obsta-cles de tout genre que la nature avait Jetés surson chemin, devint Démosihènes. La lutte dece Oer génie amoureux de gloire et de liberté,se débattant seul contre Philippe et contreun siècle avili, et, pour échapper à la tyran-nie eiitin victorieuse, n'hésitant pas à se ré-fugier dons In mort, sera toujours un desplus sublimes spectacles que puisse offrirl'histoire à l'admiration des siècles. Athènes éleva à l'illustre martyr une statue de bronzeque Plutarque avait vue et sur laquelle onlisait : « .si fa force de ton bras, Démoslhènos,avait égalé ton génie, jamais le Mars macé-donien n’aurait asservi les Grecs. »
La plupart des rhéteurs de l'Europe mo-derne enseignent que l'éloquence de Dèmos-theues n'a jamais été surpassée ni mêmeégalée, si ce n’est peut-être pur Cicéron ; et ilest vrai de dire que l’illustre Athénien occupe-ra toujours dans l'histoire de son art celleplace unique, ce trône échu à Homère dansla poésie, à Aristote et à Platon dans le do-maine de la pensée philosophique, à Alexan-dre pour la gloire des armes.
« Lorsque je prends un discours de Dénios-thènes, je suis comme possédé d'un dieu ; jecours çà et là emporté par des passions op-posées : la défiance, l'espoir, la crainte, ledédain, la haine, la colère, toutes les émo-tions qui peuvent maîtriser le cœur de l’hom-me, je les ressens. » Denvs d’Ualicarnusse,De adm. 'vi dicendi üemosth.
« Il est plus facile d’envisager fixement lesfoudres qui tombent du ciel que de resterfroid aux accents passionnés de ce grand ora-teur. » Longin .
« Démosthènes parait sortir de soi et nevoir que la patrie : il ne cherche point lebt üii; il le fait sans y penser, il est au-dessusde l'admiration. Il tonne , il foudroie , c'estun torrent qui entraîne tout. On ne peut lecritiquer parce qu'on est saisi, on pense auxchoses qu'il dit et non à ses paroles. On leperddeVi.e; ou n’est occupé que de Philippequi envahit tout. » Fénelon .
C'est dans les Olynthiennes et les Philip—piques, dans les discours contre Eschine ,Leptine et Midias qu'on retrouve vivant ,après tant de siècles, tout Démosthènes . Es-cliine , son rival, exilé à cause de lui, li-sant à ses élèves celte fameuse harangue quil'avait fait bannir, et interrompu par d’una-nimes applaudissements, s'écriait : Que se-rait-ce donc si vous eussiez entendu le moue-Ire rugir ? — (Voy. Cic., Orat. 7. — Hrutus ,ch. 0. — Qiiinlilien, x, I. — Denys d’Halic.,Censur . de vct. script. — Plutarque.— Ville-main , iiiog. universelle des frères Mi-chaud.)
Parmi les éditions complètes de Démos-thènes , on distingue : l'édition princeps ,Aide, Venise , 1503 — G. Morel et D. Lambin,Paris , 1570. — Bekker. Orat. Attici. Oxon.1822. — Auger et J. Planche, grec et fran-çais. Paris , 1819.
Les Philippiques ont été traduites : parJ Tourreil, Paris, 1701; par d'OIivel, Paris ,1727. Les œuvres complètes de Démosthènes et d'Eschine l’ont été par l'abbé Auger, Pa-ris, 1777. Les chefs-d'œuvre de Démosthènes
et d'Eschine , traduits avec dise. prél. noteset analyses, par M. Jager, Paris , 1834.
Eschine , dont il nous reste trois discours,doit.être mis au premier rang après Démos-thènes , bien qu'il ait parfois plus de chairque de muscles , comme disaient les anciens.(Voyez Cic.. Orat., 8.— Quintil. x, 1 ; xu , 10,— Denys d'Hulic.). Outre l’édition princeps,Aide, Venise , 1513, il y a uneexcellente éditiondu texte, par Schœfer, Leipz. , 1813, in-12.L’abbé Auger a traduit Eschine avec Démos-thènes, édition revue par Plauche , Paris ,1819.
Après ces grands orateurs, il ne faut quementionner Démode et Alcidamas . On a sousle nom du premier un fragment qui n’estpeut-être pas de lui (voy. Oie. , Orat., ch. 26.— Quintil. ii, 17), et du second , deux dis-cours d’un style simple et facile, qu'on peutvoir dans les collections des orateurs grecs,d’Alde et de II. Eslienne.
On a de Dinarquc de Corinthe , disciple deThéophraste (vers l'un 3I7 avant J.-C.i, troisdiscours politiques, traduits par l’abbé Au-ger, Paris , 1783.
Voyez : Des Progrès de l’Art oratoire chezles Grecs, dans les Mélanges de F. Manso,Breslau , 1821.
l.e passage de la véritable éloquence à cetteéloquence dégénérée, connue sous le nomd'asiatique , est marque par Démétrius deFhalère (archonte d'Athènes , l'an 318 av.J.-C.i. On a sous son nom un traité sur 17;-locution , ingénieux mais sans profoudeur.Ed. Guill. Morel, Paris , 1555.
Frappée du même coup que la liberté, l'élo-quence essaya vainement de lui survivre dansles croies des rhéteurs ; elle ne fut bientôt plusqu’un subtil et pompeux bavardage, art mé-prisable et indigne, sans vérité et sans gran-deur. IVoy. Cicéron , Orat., c. 20, 27, V8 ; Hm-tus, c. 13. — Quintil., xu. 10. — Denys d'Ilûli-carnasse, De Compos. Verb., xxn.—Longin.}
Soici les plus fameux de ces rhéteurs so-phistes : l.eshonax , qui vivait sous Ti-bère lEd. Henri Esjienne, Paris . 15751 ; Dion,surnommé Chrysostoine i bouche d'or ), quivivait vers Fan 100 de l’ère vulg. ( Ed. prin-ceps, Milan , 1476. — Quelques discours deDion ont été traduits par Bréquigny, dans savie des Orateurs grecs, t. n, paris, 1732) —Anlonius Polémon, qui vivait sous Adrien(Ed. H. Kstienne, Paris , 1507) ; 16 fumeux At-ticus (lerodes, consul à « Home, Fan 143 del’ère vulgaire : on n’a de lui que des frag-ments (illustravit Hap. Fiorillo, Leipz., 1801):Elius Aristide, qui vécut à la lin du secondsiècle, el dont il reste trente-cinq discours etun Traité sur le style ( Opéra o/nnia f> r -lut., exun notis 'variorum , Sam. Jebb,Oxf., 1722) ; Maxime de Tyr , qui vécut àRome sou< Commode, et dont on a 41 traites
sur <1essujetsplulosophiquos(llenri
Paris , 1537} ; Alex. îNuniemus (vers 1 an 1a0|;Apsinc de Cedant (222) et Minucianus d A-thènes (2601, dont les ouvrages se trouventdans la collection Aldine; Ménandre de Lao-dieée (à la fin du troisième siècle , dont ou aun écrit sur les Eloges ( illustr. A.-n.-uHeereti, Gœttmg., 1785); Tibernis, r,lé,< y|îd’une époque incertaine, qui a écrit uni traitesur les Figures de Démosthènes ( c<i. J.-Fr. Boissonnode, Lond. 1818) ; Libaniusd An-tioche, mort en 386 (Ed. F. Morel, Pons, 1600_,Himerius de Pt use en Bithyme , I1J0 1 r ; Oj r 1 .386 (illustr. II. Wernsdorf, cœttiog- l™ui,Tliemisthius, vers 360 (Ed. JO. Hardoui ,Paris , 1G8'i),