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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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LITTÉRATURE. 1000

se contredisant quelquefois ealre elles, maisdont on ignore les auteurs.

Après la traduction en français des Chro-niques de Saint-Denis que nous avons men-tionnée plus haut, la première chroniqueen langue vulgaire est l’ouvrage d'un écrivainde Scnlis, nommé Nicholas, auteur ou copistequi, dans un langage roman 6emi-français ,semi-provençal , a laissé uu abrégé bien pré-cieux, malgré son obscurité, de i'IIisloire deFrance , depuis les origines-jusqu'au règne del.ouis-d'Outremer. Ce travail est conservé à laBibliothèque sous le numéro 10307. Eu voici lepréambule :

« Co est li comeuçamens de la gent dausFraux e de lor lignea. Daus fais deus reis.En Aisa c una citez qui es dila Ylion. Icirégna li reis Heueas. Cela gent furent mostfort combatcor en contra lur voisins. Doncquesli roi Gresca se tornarent contre lui et otgrant ost conbalerent se encontre lui ot grantbataillie et mori gratis gens, etc. »

Avec le XIII e siècle commence vérita-blement la littérature historique française,qui peu é peu prend la place de la littératurelatine qu'on ne voit plus guère apparaître qu'àde rares intervalles, protestant de loin enloin de son droit et le revendiquant jusqu'enplein dix-septième siècle, mais si faiblementqu'elle ne fait guère que constater le triomphede sa rivale.

A partir de ce siècle, les moines n’écriventplus seuls, les chevaliers ont leurs chroni-ques, et c’est là que se trouve véritablementla littérature aussi bien que l'esprit national.Les premiers chevaliers qui écrivirent enfrançais furent des croisés.

C'est un fait digne d'attention que le pre-mier chroniqueur où se trahisse pleinementl’affaiblissement de l’esprit religieux descroisades, soit précisément celui qu'on citeordinairement comme le premier historienqui ait écrit en français , Yillehaidoum.

Geoffroy de Fillehardouin, maréchal deFrance 1 mort vers 1213), élait de cette croi-sade aventureuse où nos chevaliers, partispour affranchir la Terre-Sainte, établirentun empire à Constantinople . Ses Mémoirest de 1UI8 à 1207) annoncent un esprit distinguépour le temps : on ne peut les lire sans enaimer l'auteur {Col. Petitot, t*e série, t. 4).Voici comment il décrit l’arrivée des croisésà Constantinople :

or poez savoir que mult esgardèrentCous-tanhnople cil qui oncqiies mais ne revoientveue, que ils ne pooient mie cuider que siriche vile peust estre en lot le monde. Cùm ilsvirent ces halz murs, et ces riches tours dontère (elle était ) close tôt entor a la ronde, etces riches palais, et ces haltes ygliaes dont ili avoit tant que nuis ne poist croire se il nele veisl à l’oil, et le lonc et le lé ( le large )de la vile que de totes les autres ère souve-raine. Et sachiez que il n’i ot si hardi, cui lecuer ne fremisl ; et ce ne fut mie merveilleque oneques si grant affaires ne fut einpnsde tant de gent puis ( depuis) que li mouz(monde) fut estauré (créé, instaurants). »

('■uniher, moine de Citeoux, qui assistaaussi à la prise de Constantinople , a laisséune nuire relation de cet événement écriteen latin, précieuse à tous égards et qu’onpeut voir imprimée dans le recueil de Cani-sius, t. 3.

Henri de Valenciennes , qui élait probable-ment un chevalier de la suite de l'empereurHenri, continue Villehardouin . auquel iln'est guère inférieur. 11 nous manque la finde «es Mémoires qui allaient probablement

jusqu'à 4210 ( Col. Michaud et Poujoulat, H*série, t. 4).

Les Chroniques des monastères répondaientmerveilleusement à celte unité religieuse con-fuse, équivoque, du moyeu âge crédule etignorant. Les Mémoires vont lea remplacer;les mémoires conviennent à cette variété d’opi-nions, d'intérêts, de passions,de luttes,où brille,particulièrement au quiuziemc et au seizièmesiècle, toute l’activité rie Fère moderne adoles-cente. Cà et la protestante, politique, savante,dévote, licencieuse, fanatique, l'histoire ne serencontre plus nulle part à force de s'éparpil-ler partout en une multitude de contideiicespersonnelles; elle est dans la Kéforme, dansla Ligue, dans la guerre de la Fronde; il fautl'aller chercher tour à iourdan6 les écrits deLuther, de Brantôme, du cardinal de Ilctz. Demême que, dans l’histoire, entre l’unitéchrétienne, factice et naïve du moyen-âge,et l'unité politique plus positivcet plus réfléchiedes nations modernes, il y a ta Renaissance; dememe, clans l’histoire littéraire, entre les chro-niques barbares et ecclésiastiques du moyenâge et l'histoire politique des uations mo-dernes, il y a les Mémoires.

Il faut citerici la/ '/tf de Philippe-Auguslepar lligord, continuée par Guillaume-le-Bre-ton. ('.'est un très-précuux monument latin durègne de ce graud roi. (Coll. Guizot , t. 41.) I.aPhilippide du^lcruier de ces auteurs n'est pasun poème épique, mais bien plutôt une chro-nique rimée. (Col. Guizot , t. 42.)

Nicolas de Broy a laissé sous le titre de :Faits et Gestes du roi Louis VU!, un poèmelatin sur la prise de la Rochelle et le sièged’Avignon , auquel on ne peut guere accor-der que le même éloge. (Coll. Guizot , t. 11.|

I.a Sic de Louis VIII , ouvrage latin tres-succinct et très-imparfait, qu’on est obligé decompléter avec les documents officiels et avecles historiens anglais , est cependant, vu lapénurie de monumeuts sur ce règne, uu ou-vrage précieux ; on en ignore l’auteur. (Coll.Guizot . 1.42.)

La Chronique de saint Etienne de Caen , undes monuments les plus précieux de l'his-toire de Normandie , est de la Un du trei-

zième siècle. (D B., t 41.)

Une bonne chronique latine des rois deFrance , dès lescommencements de la mon-archie à 42-ï8, a été composée, dans le Iret-zième siècle, par un moine qui ne s’est faitconnaître que sous le nom de frère André.(D. R., 1.10 et H.)

La Chronique de Scnoues, par le moineRicber, est une des meilleures productionsde ce temps. (D. B., t. 11.)

Un Abrégé de l'Histoire de France lutcompose en latin, sous rbilippe-Auguste,et plus tard fut traduit en fiançais par or-dre d’Alphonse, frère de saint Louis. (D. R.

Jean sire de Joinville , sénéchal de Cham-pagne (né vers 1224? mort verslaissé, sous le titre d’Histoire de saml Louis,des Mémoires en vieux français on ne pcuiplus curieux sur ce prince et sur les cr 5 tS f, V»qu'il entreprit. H est peu d'ouvrages donnalecture soit plus agréable et plusLe bon Joinville, et non Fauteur, s y montreâ nu; on (e voit tour a tour courtisai J»mabte, chevalier loyal, ann sensible cl citien plein de ferveur. (Coll. Petitot, t 8 £ nt. 2 et 3. ) Il raconte ainsi comment Louis i .prit la croix : # s nsl

« Après ces choses dessus dites nv , , ” t ni«diacomme Pieu.voult, que une grain u..prist le lloy à Paris , dont il fu à tel uia sc