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LlG^LKME DE LA CHAIRE E l DU BARREAU. 1050
contenue daub le» écrits de saint Paul, uiémedans cette simplicité de style , conserve toutela vigueur quelle apporte du ciel d'où elledescend. »
L'opinion des gens du monde, a fort biendit M. de Barante , fait souvent des oraisonsfunèbres de Bossuet son premier, son plusglorieux titre â l'éloquence. Sans doute lelangage en est admirable ; niais ce qui leur avalu ce succès classique, c'est précisément unmérite littéraire et une habileté de panégy-riste qui, lorsqu'on y réfléchit sérieusement.ne sont pas eu complète harmonie avec lachaire de vérité. Peut-être lui-môme en ju-
geait-il ainsi.Son génie se trouve dans ses
>ermons. plus peut-être qu'eu aucune autreproduction.
Flèchier (1632-1710), interprète des douleursroyales comme Bos-uet, sans être jamais sonrival, déploie toujours la plus rare habiletédans le chou et l'arrangement, des mots. Undistingue parmi ses œuvres l'Éloge de Mon-lansier, celui de Marie-Thérée, et surtoutcette belle oraison de Turenne, où cet Isocrotede notre chaire eut l'heureux privilège deprêter sa voix solennelle au deuil , cette foissincère, de la patrie.
Le vieux Mascaron traita aussi ce magni-fique sujet, et, sans egak-r l’art de Flécùnrdans l'ensemble de sou discours, il le surpassaen quelques parties par la mâle rudesse deson accent, et par une certaine chaleur d'ânacqui manque trop souvent au disert evèque deMmes.
Ou a dit que Bossuet a moins d'harmonieque Flécbier ; ou a voulu dire qu'il e6i moinsaombreux ; mais le uombre n'est que la par-tie élémentaire de l'harmonie du style,comme les accords sont les éléments de l’bar-mouie musicale. 11 y a une autre harmonie,supérieure et qui ne s'apprend guère , qu’ilf aut sentir et créer; c'ed celle qui consistedans le rapport des sons avec les objets que'on peint a l'imagination , avec les mouve-ments qu'on veut exciter dans l'âme. Or,cette espèce d’harmonie essentielle et toutepuissante, sans laquelle il n'est pas de grandécrivain , qui p® jamais possédée a uq degreplus énmteut que Bossuet ?
Fbnklon » loue Demobthènes de se servir dela parole comme uu homme modeste se sertde son liaoit pour se couvrir, et non pour separer. Il a mérité lui-tuéme cet eluge; maisP us son eipreasioo est simple et comme ne-gngee, plus elle séduit, laissant mieux voirlaceleue beauté de son âme.
Diios un excellent morceau sur la litléra*• > u i re . ; ‘ ra,l Çaise, place en télé de sa Chresto-onv lte l, *' re publié à Bâle et irop peu connurrancei, M. A. Yuietcompare ainsi l’ene-1011 jlüol-1715) et Bossuet 11027-1704) :iin , "i"’ l ,lli8 uriisœ de maure et d’ioclina-in- . 8e ' eve P ur ‘‘émotion au-dessus de l’art;n..r. . nt P ,w • *1 traverse le beui littéraireénr.r ailtr plUs loin - il n’écrit pour
L* «’i 8a ^ r '? ,e v,,î,, l dtJ i'âme , son onctioni, , 1 ,e d u l'amour, sou originalité n'est queMvi mU .- de ses lll, pre»s>oii8 nmra es, et soulyie. si ion ose parler aui-i, n'a d’autre cou-emn/^? e ce * e dc la lum iére L'autre se lai>seiporter pu- son grave enthousiasme dans.i région où, loin de songer quon est ar-011 oub ie même s'il y a un art ; mais,qu ‘ l eSt de littérature et neÊ. lu,é r Hir 1 e » tour à tour coniroversiste,uistorien théologien, politique, orateur, se-lon que le commande la grande cause qu'ilî.nA nin e V ml ecnvam legenie ne déploieqof plus étonn inte vigueur; chez aucun la
pensée ne Jouit plus d'elle-méine : emu lepi entier de ses propres conceptions, nul ne seporte de cime en cime avec une plus viveallégresse, duI n'a des élans plus rapides eiplus vastes. La langue se courbe avec respectsous le poids de cette grande pensée, et lutpaie en innovations nécessaires le tribut leplus légitime. »
Les Lettres philosophiques de Fénelonsont peut-être ce que nous possédons enFrance du plus éloquent en philosophie.
Au X\Il« siècle, le seul ouvrage didactiquevéritablement supérieur sur l'urloraioire futcomposé par Fenelon ; ce sont les Dialoguessur l'Eloquence,où, s’élevant en maître au-dessus des idées de convention et de la rhé-torique des collèges, il ramène l'art à desprincipes naturels, et le rappelle à son butqui n'est pa9 l'amusement des esprits, maisle triomphe des plus saintes vérités.
La Harpe et Maury ont écrit chacun unéloge de Fenelon . On a une histoire de sa viepar le cardinal de Bausset.
Bodriulooe ( Dominique 1, né vers 1630, âBourges, mort â Paris en 1704, est l'une desgloires de la chaire chrétienne un France .« Bounlaloue, dit La Harpe , est concluant danssus raisonnements, sûr dans sa marche, clairet instructif dans ses résultats ; mais il a peude ce qu'on peut appeler les grandes partiesde l'orateur, qui sont les mouvements, l’élo-cution, le sentiment. C'est un excellent théo-logien, un savant catéchiste plutôt qu’ungrand prédicateur.» Fenelon était à peuprès du même avis, il trouvait que Bour-ualoue , en portant toujours avec lui laconviction, laissait à désirer cette mictionprécieuse qui reud la conviction efUcaceen v aioulant la persuasion. Mais, mal-gTé'l'auiorite d'un tel juge , quand on re-lit les sermons de cet austère successeurde Bossuet dans la chaire de Versailles , etnotamment ceux sur la Passion et sur lePardon des Injures, pn incline â penser qu'ilest celui de nos orateurs qui ressemble leplus è Démostbëncs, du moins par la soliditédus preuves et la mâle simplicité du discours,'oltaire, dans le Temple du Goût, 8 placeBourdaloue à côté de Pascal, avec lequel ils'entretient sur le grand art d'arriver à l’é-loquence par la raison.
On connaît ce irait du maréchal de Gram-mont qui, se levant tout â coup nu milieud'un sermon de Bourdaloue, devant toute lacour, int- rrompil Porateur par cette exclama-tion étrange, mais assurément flatteuse :« .Mordieu, il a raison! »
Massillon | né en 1603, à Fl y ères, mort en1742) donna un charme irrésistible à la pa-role sacree. « Peintre délicat du cœur hu-main, onctueux et tendre interprète de lavérité religieuse, aussi élégant que Fléchier,mais plus naturel ; moins so ûle que Bourda-loue, mais plus persuasif, captivant l’esprit ,le séduisant même quelquefois par le charmeinfini des details ; uassillon est le plus aima-ble et le plus attrayant des prédicateurs ; etl'exquise perfection de son Petit Carême11717) le place, dans l'art d’écrire, au pre-mier rang des modèles de tous les pays et detous les siècles. » M. A. Yinet.
Les discours sur la Passion de Jésus-Christ ,sur le llespert humain, sur la Mort du Justeet du méchant, sur la Venté d'une vie à ve-nir. sur le peut nombre de-> Elus, sont ceux oùMassillon a été le plus simplement éloquent.Un sait ce qui arriva la première fois que cegrand oraieur prêcha ce dernier sermon: il yeut un endroit où un transport de saisisse