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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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NOUONS GENERALES.

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gui ne comprend aujourd'hui ce cri étrange,mais 6inrère, échappé (lès le siècle dernier aVoltaire lui-même, mais à Voltaire poète :

On a banni les démons et les fées ;

Sous la raison les grâces élouffeesLivrent nos cœurs à l'insipidité;

Le raisonner tristement s'accrédite;

On court, hélasI après la vérité :

Alt ! croyez-moi, l'erreur a son mérite 1Mais est-ce bien erreur qu'il fallait dire ?

On demandait à Newton ce qu'il pensait dela poésie : « C'est une 6orte d’ingénieur non-sens, & repondit-i].«Qu'est-ce que cela prouve?*disait un autre.

Le monde de l’art est en un sens plus vraique celui de la nature et de l'histoire, et c’estpour cela même qu'il échappe à la science etue se révèle qu'au pur sentiment.

Le beau ne saurait être compris par le rai-sonnemeut, qui u'en saisit jamais qu’un côté ;celui-ci reste dans le Uni, l'exclusif et le faux ;l’autre est de sa Dature infini et libre.

Dès le siècle dernier, le goût des étudesniathématiquesse répandant universellement,on vit en Allemagne d<-s peintres appliquerbizarrement la géométrie et l'algèbre aux artsdu dessin, tandis que des théoriciens allaientjusqu’à rechercher les propriétés d'une courbealgébrique dont les contours retraceraientles traits d'un visage connu. En étudiant lecoloris, on est tombé dans des aberrationsanalogues : pour avoir recounu, après Yau-quelin, que les cheveux et la barbe del'homme contenaient neuf substances diffé-rentes, les cheveux noirs une huile noire, lescheveux blonds une huile jaunâtre, etc., ous'est imaginé sérieusement avoir fait faire unpas à l'art de Raphaël .

Les Athéuiens avaient à choisir entre deuxarchitectes pour l'érection d’un monumentpublic. Le premier, fort savant et disert, seprésenta avec grâce et prononça un beaudiscours qui devait lui concilier tousles suffrages, lorsque l’autre, en trois mots :“Athéniens, ce que celui-ci a dit, Je le ferai.»I.e peuple d’Athènes choisit le dernier; lesAllemands auraient choisi l'autre.

* De tous les corps ensemble, dit Biaise Pas-cal, ou ne saurait tirer la moindre pensée ;cela est impossible et d’un autre ordre. Tousles corps et les esprits ensemble ne sauraientproduire un mouvement de vraie charité; celaest impossible et d’uu autre ordre tout surna-turel. » Ce que Pascal dit de la charité, onpourrait le dire Jusqu’à un certain point del inspiration des plus grands artistes.

Le génie de l’art, même pieux, est peut-êtreaussi distinct du sentiment religieui qu’ili est de la science et de l'industrie.

« La morale n’est pas le goût, l'art n’est pasia toi : Phidias et Raphaël , les plus grandsoes artistes, faisaient des dieux et n'y croyaientpa . 8 ’* . tl M. Sainte-Beuve .

Le véritable artiste donne toujours un peuses œuvres comme un arbre donne ses fruits,■J Philosophe qui les trouve mauvais devraitsauacher d’abord à réformer l’arbre qui lesporte. —Diogène le cynique disait fort bien :rfocl? 11 . ccorder ,eur Uùte, les musiciensaev ,trient accorder leur âme. »

eni ftuTji Dubos - L , e Batteux, Mnrmontel (voy.i pi'. . * avaient-ils raison de rapporter,d’après«n. i *’ • a Po&ie et les arts eu général à un!o?iitiil.ï C ^n rin8t ‘“?t de l'imitation? Un motÆïÏÏïl d n ? r ace. Ut pictura poesis , sou-étaif C iD l «- m Vj délourn é de son sens primitif,nos jour? de cette théorie aband <>™ée de

Si l'unique principe de l'art était l'imitation,son but suprême serait i'illusiou complète dessens, et cela n'est point, même pour la pein-ture. Le point auquel il faut tendre, et dontne 6e sont point écartés les grands maîtres,n'est-ce pas de faire servir la demi-illusiondes sens à faire naître et à entretenir l'en-chantement de l’imagination ?

Quand Apelles peiguait des mouches, et sibien qu’on les croyait vivantes , c'était pours'amuser et se distraire un instant. N’y a-t-ilpas toujours assez de mouches ?

« Le véritable but de l’art, dit M. Delé-cluze, est de faire naître une espèce de plaisirqui résulte de la contemplation de ce qui estbeuu f et l'imitation , qui a simplement le'vrai pour objet, est la puissance au moyende laquelle on produit ce plaisir, u

Ce n’est qu'après avoir étudié long-temps,et bien étudié la vérité naturelle, la réalité,que l’artiste pourra s'élancer avec sûreté, etcomme d'un point fixe , dans les abstractionsde la beauté idéale, ou dans les combinaisonsdu comique, du ridicule, du bizarre, et mêmedu laid.

Celui qui imite la nature servilement , auhasard , et pièce à pièce > comme elle se pré-sente à ses yeux, ne sera jamais qu'un copistevulgaire. Celui-là seulement est artiste quicoordonne son imitation de manière à pro-duire un effet voulu par lui et prévu.

Observant sans cesse l'immense variétéde la nature, et le peuple sur lequel il veutagir, l'artiste concentre et rassemble dansson imagination, comme en un miroir ar-dent, tout ce qu'il sent, voit et pense , et lecombine de manière à en rendre aux autreshommes la perception et le sentiment plusprompts, plus forts et inévitables.

L'artiste, en travaillant, a toujours ses jugesprésent» à la pensée, et toute œuvre d'art estun résultat combiné du génie de l'auteur etdes lumières, des passions, du goût de sonpays et de son temps; voilà surtout eo quelsens il est vrai de dire que l’art est l'expres-sion de la société , et son histoire l'histoirede la civilisation.

Les arts étant de la même famille que la

f ioésie, on conçoit qu'un rapport intime,qu'unieu de ressemblance fraternelle doit existerentre tous les chefs-d'œuvre d'un même siè-cle. De même, dans tous les pays du monde,on voit chaque art réaliser, sous une formedifférente, le même sentiment religieux, lamême pensée generale que la poésie. « l.agrande sculpture grecque, dit M. Ampère,telle qu'elle se montre dans la N lobé de Flo-rence, dans les statues du Parthénon , est dela poésie homérique en marbre. Le Dante des-sine ses ûgures à la manière rude, hardie etgrandiose de Michel-Ange ; et la fresque duJugement dernier est un chant du Dante. >»Entre tous les systèmes qu'on a établiscomme divisions naturelles de l'histoire uni-verselle de l'art, il n'en est, ce nous semble,que quatre qui méritent ce nom et oui offrentun caractère distinct; le système égyptien,auquel se rapportent plus ou moins directe-ment la plupart des monuments de l’antiqueOrient; le système grec, qui embrasse toutel'antiquité classique; le système chrétien,qui comprend les plus originales, sinon lesplus belles créations de l'art moderne, et lesystème de la Renaissance , qui participe desdeux derniers.

« L’art égyptien, dit M. Raoul Rochette ,essentiellement symbolique dans le fondcomme d8ns la forme des images qu'il em-ploya , ne fut jamais figuratif qu'outant qu'il