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POÉSIE ET BEAUX-ARTS.
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grand nombre de colonnes cl construit à côtédu I-’ortin), pour y tenir les assemblées publi-ques dans le mauvais temps. Aut une traditionna'ionale ou religieuse n'imposant au chris-tianisme des formes délermiuées, il dut s'em-parer naturellement de celles que lui indiquaitla science la plus avancée, la basilique voftiee.Kn effet, Constantin ayant converti en églisesdeux véritables basiliques, la Sessorieone et(«Ile du palais de I.atran.on bilht les autressur le même modèle. Mais l’art de combinerl. s voûtes étant encore dans l'enfance chez lesRomains , les premières constructions chré-tiennes, timides et pauvres, grossièrement• harpentees en bois, et len Gaule par exemple)souvent couvertes en chaume, n'auraient pusupporter alors le poids de ces voûtes élancéesque semblait appeler déjà l'élan prodigieux etnouveaudela terre barbare vers le ciel agrandi.On ne put que disposer, dès lors, la nef enforme de croix ; on ferma les cûtés, et suriout(changement tout à fait notable par ses con-séquences ultérieures i on substitua Yarcadesur colonnes aux architraves païennes.Néanmoins les basiliques chrétiennes, loind’offrir rien du caractère de spiritualisme etde macération chrétienne qu'offrit plus tard lavéritable architecture ogivale dans les cathé-drales dites gothiques, rappelaient plutôt, dansleur confusion, la versification rnytho'ogique,les centons païens des évêques gallo-romainscontemporains; elles conservaient le plein-cintre et se paraient sans génie et sans goûtde débris ou d’imitations déligurées de co-lonnes et de chapiteaux antiques pêle-mêleentassés. On le voit, là, comme en Gaule ,c’est par une transition lente et insensible, etnon par révélation, que l'art chrétien arriva àconquérir, imparfaitement encore, son carac-tère. N’est-ce pas vers ce temps qu’un disci-ple de Platon, Synesius , élu évêque de Ptoié-maïde par ses concitoyens , n'acceptait cettedignité qu’à condition qu’il garderait, et safemme et ses opinions philosophiques? — Lapoésie nous offre lu même caractère. SaintGrégoire de Nazianze a arrangé un dramechrétien, intitulé Kristùs paschôn (ta Passiondu Christ ), qui n'est guère composé que devers d'Euripide (voir ses OEuvres : emend.et interpretalus est Jnc. de Billy. Paris , IGU9).On a ignoré long-temps si Musée , celui a quil’on doit le petit poème de Hèro et Léandre(imité par Gentil-Bernard , sous le titre dePhrosine et Mé/idore ), avait vécu avantOvide , ou bien au XIV® siècle de notre ère;maintenant on le fait contemporain de Non-nus de Panoplc (V e siècle I. Ce Nonnus a écrità la fois un poeme héroïque sur les gestesde Bacchus, et une paraphrase en vers del'Evangile de saint Jean . Paul-le-Silentinire adécrit en vers, avec la même froideur, les T lier-mes pi/thiques , Sainte-Sophie et YJmbon/chaire de vérité, chaire à prêcher). On a vu (col.9TI) que le roman de Theagène et Charicléeest dû à l’évêque Iîéliodore. — On ignore en-core si Qnintus, de smyrne,ou Calaber,qui a continué l’Iliade et que Lascaris appelleun poète homérissime, fut païen et anté-rieur à Virgile . ou chrétien et contemporaind’Annstase IV e siècle).— On faisait alors à Con-stantinople des mosaïques, non plus en mar-bre comme au temps de Phidias , mais enperles et en pierres précieuses; ce qui rappellece mot d’un peintre de l'antiquité à sonélève qui avait peint une Vénus : « Ne pou-vant 18 faire belle, tu l’as faite riche. » — Onne saurait douter néanmoins que l’habileté tra-ditionnelle et toujours merveilleuse des artistesgrecs n'oit été pour beaucoup, de même que
le prestige du nom romain, dans la rapidepropagation du christianisme chez les bar-bares. Voilà ce qui explique plus d’une anec-dote touchant l'origine miraculeuse de cer-tains tableaux qu'on di.-ait peints par les an-ges , et qu'on montre encore, notamment aHome. On prétend qu’au IX e siècle un certainConstantin convertit par la lerreur un grand-duc de Russie, Vladimir, seulement en luimontrant un tableau du Jugement uni-versel. — Lorsque les relations politiques etcommerciales devinrent fréquentes entre Con-stantinople et les villes d'Allemagne et d'Italie ,les madones et les sujets de sainteté, peintspar les Byzantins , éveillèrent le goût des artsdans ees contrées et dans tout l'Occident .
S’il est un fait avéré, c'est que l’aversion despremiers Ciuiktiess pour l'idolâtrie leur Htd'abord comprendredans In mèmeproscriplionles monuments de l’art et les artistes ( les fai-seurs d’idoles); sculpteurs et peintres furentlong-temps maudits avec les comédiens et lesastrologues ( voy. surtout le Mémoire defleyne : Interitus opentrn art. Tf.ter.).Tertullien faisant à l’hêretique Hermogène uncrime de la profession de peintre, réprouvéen lui au même degré Yartiste et Yadultère.
— Le Mahométisme ne souffre pas plus que leplus austère christianisme les images men-teuses de l’art. Mahomet dit un jour a ses deuxfemmes, ütnmi Ilabiba et Ommi Selma, qui lutparlaient des peintures de l'Ethiopie : a Cespeintures accuseront leurs auteurs au jourdu jugement. » Un Turc à qui James Brucoprésentait un poisson peint, après un mo-ment de surprise, lui dit : « Si ce poisson aujour dernier se lève contre toi et t’dCcuseences termes: —Tu m’as donné un corps, maispoint d’âme vivante;—que lui répondras-tu? »
Chez les Chrétiens, cette opinion si rigou-reuse, née en partie delà sévérité Judaïque ,s’adoucit peu à peu. Déjà, au temps de Con-stantin , nous voyons la sœur de cet empe-reur, Constantia , demander à Eu>èbe, évéquede Césarée, de lui procurer un portrait auSauveur; ce qui prouve à la rois U raretéde ces images et la tolérance de l’Eglise.
— Ce même Eusébe , dans un passage célébrade son Histoire ecclésiastique, atteste l'exis-tence des portraits de saint Paul, de saint
Pierre et du Christ exécutés en peintured'après une tradition dérivée de la Pra-tique païenne ( consultez M. Ileiniclicndans le X Excursus de son excellente éditiond’Eusèbe , où tous les témoignages sont ras-semblés |. Il est maintenant reconnu que celteprétendue image du Sauveur n'avait pasplus d'authenticité que la tradition du yoiiade sainte Véronique , n’a de vérité histori-que. Cent ans plus tard, saint Augustin dé-claré qu'o/i ne possédait aucune ânageréelle du Christ , et il n’existait pas encoreson temps de type universellement accept®comme tel. — C’est peut-être dans la réalisa-tion de l’image du Dieu fait homme pou*sauver le genre humain, telle quel'exécutereiRaphaël dans sa Transfiguration et Leonarade Vinci dans sa Cène de Milan , que r® 08 ' 8 ”le plus haut degré de l'idéal de l'art moderne;mais si ce type primitif aussi bien que ceiunon moins sublime de Marie, la vierge-mere,existe dans les premiers monuments cnre-liens, il n’y est qu’informe et è peine ébaucue.
— L’idée du Père éternel n’est jamais expri-mée sur les monuments chrétiens du P*-inier âge représentant des traits de 1 anciyou du nouveau Testament, que par une maqui sort d’un nuage. Cette figure, depuisimposaute sous la main de BuffamniaicOi