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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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1171-1172
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POÉSIE ET BEAUX-ARTS.

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sommet des ogives a un prolongement formépar des nervures qui l’entourent et partentdes impostes. Les grandes roses ne présententplus que rarement des formes arrondies. —*De 1-400 à la fin du XVI® siècle, le gothiquesurchargé d’ornements tend à se rapprocherde l'antique, et les pleins-cintres se mêlent denouveau aux ogives. On sent partout la Renais-sance. Voy. l'ouvrage de M. de Gaumont surVArchitect. relig. du moyen-dge.

Au moyen-âge, la musique seule atteignitpeut-être l'élan chrétien de l’architecture, etYorgue seul sembla répondre dignement àYogive. Déjà la cloche avait été inventée ( ouVI® siècle). « S'il était possible, dit M. La Men-nais, de s'élever à une hauteur où tous lesbruits de la terre, sans cesser d'élre perçus,se confondissent en un seul bruit, on enten-drait comme un son unique, et dans ce sonune prodigieuse multitude d’autres sons. Ceserait vraiment la voix de la nature indéfini-ment variée , rigoureusement une. A noireégard la cloche est cette voix .. L'orgue dé-compose et ramène sous l'empire des loismusicales, le son infiniment complexe de lacloche. Pour l'étendue, l’éclat, la puissance, j|n’a point de rival. Il est la voix de l’églisechrétienne, et comme l’écho du monde invi-sible qu’elle manifeste symboliquement:transportez-le dans un temple grec, dans unepagode, dans une mosquée, il y restera muetou n'y parlera qu’une langue inintelligible. »Néanmoins l'orgue est d’origine ancienne. —La constitution ambroisienne de 'a musi-que remonte à 3f>0 et la constitution grégo-rienne (du pape saint Grégoire-Ie-Grond) s’é-tablit dès 600 ; mais les plus grands maîtressont con'empornins de la Renaissance, Pales-trina, qui introduisit dans la musique sacréeune largeur et une majesté de style toute cé-leste I alla palestrina), ne naquit qu'en 1594.

Dans la plastique du moyen-âge , quelqueémotion qu'elle cause d’ailleurs dans sa pieuseet naïve originalité, il y eut partout je ne saisquoi de barbare et de monstrueux ; on sentque la beauté matérielle n'est pas la mêlée al’esprit dans une proportion suflisante. A f in ed’avoir peur de tomber dans la sensualité ,tous ces dévots anonymes n’osaient plus déve-lopper une forme ou soutenir un contour.C'est seulement de 1460 è la fin du seizièmesiècle que les sculptures d'ornement devien-nent remarquables comme art.

En poésie , cette architecture et cette plasti-que n’ont guère d'analogues que celles desépopées contemporaines l aussi anonymes)qui sont mystiques (voyez colonne 935),les hymnes de l’église, les légendes et quel-ques mystères , surtout ceux écrits du Ve auXll a siècle, tant en Orient et en langue grec-que, qu’en Occident et en langues latine etromane. Car, de quelques-uns de ces dramesou a conservé non seulement les paroles, maisla musique notée dans le système antérieur àcelui de Guy d’Arezzo , uotatiou dont, grâce àde récentes recherches, la lecture et la tran-scription seraient possibles (voy. les Originesdu Théâtre moderne, par M. Ch. Magoin.Paris , 1838 et suiv.). Quoi qu’il en soit, leschefs-d’œuvre du genre, les autos sacra-mentelles de Catdéron, sont postérieurs à laRenaissance; et c’.est également à la Renais-sance, qu’elle ouvrit avec gloire, qu’appartieut,selon nous, malgré quelques rares élans pure-ment chrétiens, la poésie galante et satiriquedes Troubadours. Quant au poème des Nie.be •lungen des Allemands, il est encore toutbarbare et Scandinave malgré la refontequ’eu ût, au treizième Siècle, soit Henri de

Oftcrdingen, soit Klinsor; et les belles ro-mances espagnoles sur le Cid , qu’on a appe-lées avec justesse une Iliade sans Homère ,c’est autant, quoi qu’en ait pu dire F. Schle-gel.au génie épique-lyrique des Arabes qu’augénie espagnol et chrétien qu’il faut les rtp-porler avec les principaux monuments del’Espagne . De même , dans tout le reste del’Europe avant la Renaissance , c’esl plutôt àla Bible et au génie orienta! juif qu'il fautdemander le sens et l’unité des œuvres de l’artqu’au génie plus doux de l'Evangile . Le puresprit de l’Evangile , le véritable génie occi-dental , n’a triomphé dans l’art qu’avec le ré-veil du génie grec, en France et en 1 folié,avec la liberté , avec Raphaël, avec Racine.

Chez les Mdsulmans, au moyen-âge, nousl’avons dit, l’analogie avec In chrétienté estfrappante. — I.'Arabie , presque entièrementétrangère au monde grec romain avant Maho-met i\oy. col. 1091 — 1092), était habitéepar des peuples, les uns nomades et sau-vages, les autres sédentaires et civilisés, pres-que tous idolâtres, quoique le monothéisme(les Juifs et celui des Chrétiens comptassentparmi eux quelques sectateurs. Le temple dela Kaaba , dans la ville de la Mecque , était leplus célèbre de l’Arabie; il avait pour ponti-fes les Heschemites , qui prétendaient discen-dre d’Ismaël . Cette pieuse relique, grossière-ment construite en granit, n'a que douzemèires de côté et onze mètres de hauteur,Maintenant appelée el ILirram (l'inviolable),elle est elle-même enfermée dans un temple.Les musulmans disent que la Kaaba. d'abordbâtie par Adam, fui ensuite rebâtie par Abra*bain et Ismaël , et ils montrent avec respectdans ce lieu les deux places où sont enterrés,disent-ils, le patriarche et son tils, et aussi unepierre noire donnée h Mahomet par Gabriel.—Comme celle des JuiTs, cet autre peuple sémi-tique, la poésie des Arabes est essentiellementlyrique, et, dans ce genre,elie a été d'une fé-condité et d’une richesse incomparables. Lechant de l’Arabe est comme son desert, mouo-tone et brûlant. Ce désert, son cheval, sa bien-aimée, un ouragan ou un combat, tel.'sontles tableaux qu'il reproduit sans cesse dansa-sKussides, dans ses Ghazèies; lelssont ceuxqui composent presque uniquement h‘f-Moal-

la bats, ces sept poèmes qui furent suspendusà cause de leur perfection dans le temple dela Mecque . Beaucoup d’aulres poèmes de celleépoque sont renfermés dans l'Anthologie arabedWbou-Teniàm , intitulée llamdsa. Mais 1°génie de Mahomet, dans le Coran , t effaçatous ses devanciers : « Qu'ils disent , s'écria»l’orgueilleux prophète , qu’ils disent que celuiqui a écrit ce livre n’est pas inspiré de Dieu . »Et, de nos jours, les Arabes de l’Afrique fran-çaise disent encore a nos soldais :« Si leshommes et les anges s’unissaient pour pro-duire un autre Coran, ils ne le pourraient pas.»Mais celte admiration exclusive a étouffe danssa naissance même le génie merveilleusementpoétique de celte noble race, et, si audacieusi,si éblouissante que soit leur imagmatunquand ils vous parlent, soit qu’ils caressent oumenacent, nul parmi eux (excepté un certainimpie nommé Abou’itayyb Ahmed oj-üj* u.au quatrième siècle de l’hegire), nul n a osejeter l’ombre de ses chants sur les raaieuversets écrits par le prophète sous la oicjed’Abah , ou npporlé» à la terre par I ange j> 'brie!. Et pourtant la versification na »part été étudiée, expérimentée, travaillée aplus d’art, de variété et de goût que c * )ez „ nrPArabes. - Les arts d’imitation lurent encoremoins favorisés par le Coyau que la poésie.