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Un million de faits : aide-mémoire universel des sciences, des arts et des lettres / par J. Acard ... [et al.]
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1595-1596
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1595

SUPPLEMENT'

Photographie ou Daguerréotypie .

L’bistoire de celte admirable découverte esttrop connue et trop récente pour qu’il soit né-cessaire de t'exposer, il suffira de résumersommairement les procédés de la daguer-réotypie, avec les derniers perfectionnementsqui y ont été opportés, d'après la brochurepubliée récemment par MM. Gaudiu et Le-rebours.

On prend un cuivre plaqué d'argent. On lepolit avec le plus grand soin, à l'aide de tri-poli , d huile, de rouge d'Angleteire et detampons de coton, (/opération du polissageest la plus déicaie du procédé. Lorsqu'elleest terminée, on place la plaque dans uneboîte à iode en regard d’une substance im-prégnée d'iode, telle que du papier, du cartonou du coion. et on eu chauffe le milieu à laÛamme d'une bougie. Dés que ta plaque aacquis une teinte Jaune-clair qui indique lepoint convenable d’ioduration, on la p.ace àla partie supérieure d’un vase ou d'une cu-vette conique, contenant du chlorure d'iodeou de l'iodure de brome et que l’on dehève defermer complètement avec une autre plaquede terre cuite ou d’ardoise. Lorsque la plaquea atteint une couteur rosée qui p.iratt être laplus sensible, ou la porte dans la chambrenotre. A midi on peut obienir une epreuve ausoleil en (Aide seconde ; tandis que, (O minutesavant le coucher de cet astre , il faudra sou-vent 5 à C secondes pour obtenir une épreuved'égale intensité. La paque ayant été im-pressionnée par la lumière , on la porte dansla botte à mercure ; on chauffe avec unelampe à esprit-de-vin la cuvette qui ren-ferme ce métal jusqu'à mie température d'en-viron 50® : on laisse le tout en repos pendantquelques minutes, puis on regarde l’épreuveau travers d’un verre jaune-orangé ou rouge-clair, avec une bougie; si elle n’est pas venueà son point, on chauffe encore en laissantl’effet se produire comme la première fois. Onlave alors en plongeant la plaque dans uneterrine ou assiette à fond plat, dans laquelleon a versé de l’eau et une dissolution concen-trée d’hyposulüte de soude à raison d unecuillerée par demi-verre d’eau. Pour (ixer l’é-preuve et donner à la lumière du tableau plusd’intensité, il faut entin employer le chlo-rure d'or , suivant le procédé de M. Fizeau .

Les prix des daguerréotypes varie de 70 à300 fr. Avec le nouvel appareil Gaudin, quine coûte que (00 fr., on obtient de très-bonsrésultats. 'Voyez pour plus amp'es détails lesbrochures publiées par M. Daguerre et parM M. Gaudin et Lerebours ; les Comptes-ren-dus de l’Académie des sciences , etc.)

Galvanoplastique ou électroti/pie; appli-cation de couches métalliques au moyende la pile de Kolta.

Vers la Dn de (839, on apprit en France qu’un physicien allemand . M. jacobi, avaitréussi à obtenir, en faisant intervenir ('élec-tricité galvanique (toi. 420). des épreuvesmétalliques eu cuivre qui reproduisaient exac-tement des médailles et des bas-reliefsEnviron trois mois après, M. BoquiKon, bi-bliothécaire du Conservatoire des arts et mé-tiers , avait réussi, sans avoir eu connaissancede ceux qu’emploie M. Jacobi, à deviner lesprocédés de cet art nouveau, auquel on adonné le nom de galvanoplastique ou d'élec-irotypie.

Un moule, soit en p’Alre, soit en métal, quiporte une empreinte quelconque, eu creux ou

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eu relief, étant mis dans un appareil conve-nablement disposé et plongé dans une dissolu-tion concentrée de sulfate de cuivre, reçoitl'action d'un courant galvanique, et se recou-vre d'une assez forte épaisseur de cuivre so-lide, précipité de la solution , qu'on a soin demaintenir sans cesse à l'état de saturation. Ceprécipité se réunit en une uiasse, dont l'épais-seur varie avec le lempsque M. Boquillon a portéde 2 à (7 jours ; il r. çoit une empreinte exactedu moule , et en reproduit avec une parfaiteexactitude les traits les plus délicats, en reliefquand celui-ci est cr< ux. en creux lorsqu’il esten relief. Celle empreinte peut à son tour ser-vir de moule pour obtenir de la même ma-nière une épreuve tout aussi parfaite que lapremière; celle-ci peut en former uue troi-sième, et ainsi de suite.

Le prix d’un électrotype de M. Boquillon estde 20 fr. chez M. Lerebours

On doit rappurier à l’electrotypie les pro-cédés variés que plusieurs physiciens ou in-dustriels ont imaginés pour l'application desmétaux en couches minces sur d'autres mé-taux. M, du Lu Rive, professeur de physique àGenève , Ut conuuîtie, eu commencement dumois d'avril I8’i0, un procédé éiecirocbimiquepour dorer l’argent et le laiton. Ce procédépeut douuer uue dorure assez épaisse maismanquant de solidité d’adhérence ; tandisqu’un autre procédé, employé par M. Eiking-ton, industriel anglais , breveté le 8 décembre(8i0, donne une adhérence parfaite, mais Depeut faireatleiudre à ia couche d'or l'epaisseurqu'exigent les pièces bien fabriquées au mer-cure.

Sur ces entrefaites, le (9 décembre (810,M. de Ituolz prit un brevet pour des procédésfort différents de ceux de ses devanciers, maistoujours fondés sur l’emploi de ia pile La dis-solution de sulfure d'or dans le sulfure neu-tre de potassium est celle qui donne les plusbeaux produits. Voici quelques-uns des résul-tats remarquables qu'on a déjà obtenus avecles procédés de M. de Ituolz.

L’or, l’argent, le platine, le nickel, le zincont été appliqués sur des métaux de moiudrevaleur, taniôt eu pellicules excessivementminces, constituant un sinip'e vernis propre àgarantir de l’oxydation divers objets ; tantôt eucouches épaisses destinées à résister au frotte-ment cl à l’usage. Désormais les couteaux dedessert, les instruments de laboratoire et dechirurgie, les armes, etc., recevront ce vernisd’or avec économie et facilité; le vermeild'étain recouvert préalablement d'une pelli-cule cuivreuse, est de la plus grande beauté.L’argent servira aux mêmes usages en donnantdes produits bien p us économiques. La bijou-terie, l’armurerie, l’horlogerie, emploieront leplatine avec succès. Le doublage < n cuivre desnavires se fera avec des feuilles de tôle ou despluqu-s minces de fonte cuivrées. On plom-bera iniérieureuient des chaudières à produitschimiques. L'etamage deviendra plus frequent.La serrurerie et la sellerie pourront e;tip oytrdes pièces cobaltisées ou nickélisées Enfin lezincago du fer et de la fonte, si utile déjà, re-cevra une nouvelle extension. Les câbles desponts suspendus, les conducteurs de paratou-nerres, les toiles métalliques des lampes desûreté pourront être faits en Ul de fer zin-qué; les boulets employés eu mer seroutrecouverts d'uue pellicule de zinc, et n’éprou-veront plus l’oxydatiou qui altère leur formed'une manière si nuisible à la fois à la jus-tesse du tir et à la durée des pièces. | Voyez lesComptes-rendus de l'Académie des sciences ,2* sera. (8il.|

Cl N.